Présentation

Catégories

Recherche

Calendrier

Juillet 2009
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>

Samedi 18 août 2007

Tu les entends tu veux hurler,

Rien que leur voix t’insupporte,

Alors tu fuis tu ne veux plus les regarder,

Tu t’en vas tu pousses la porte.

 

Le demi-tour n’est pas envisageable,

Désormais pour manger tu seras seule à table,

Tu devras te débrouiller,

Personne à ta place ne paiera le loyer.

 

Tes larmes, aucun cœur ne veut les retenir,

Ta famille c’est juste un face à face avec ton ombre.

Pour toi il est l’heure, il est temps de partir,

On ne te retiendra pas dans ta chambre.

 

Quand je vois dans tes yeux tant de désespoir,

Quand je vois dans ton âme tant de noir,

Je ne peux empêcher les pleurs de couler ;

Ne t’en vas pas moi je veux t’aimer.

Par Gomel - Publié dans : Poésie
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Samedi 18 août 2007

Tu restes assise là,

Attendant peut-être un espoir,

Mais personne n’est à la maison pour toi,

Tu patientes et broies juste du noir.

 

Tu n’as jamais demandé de pitié,

Tu veux juste laisser couler tes larmes,

Tu ne souhaites pas être aidée,

Tu souffres seulement de l’âme.

 

Mais au fond de toi tu sais

Que tes pleurs supplient

Pour que l’on vienne t’aimer

D’un cœur sincère et sans parti pris.

 

Pourtant tu évites tous les regards,

Et lorsque tes yeux croisent un miroir

Tu restes et t’interroges

Puis repars et replonges dans tes songes.

 

Tout ce dont tu rêves

C’est t’imposer une trêve,

Pouvoir profiter d’une pause

Et te dire je suis heureuse.

Par Gomel - Publié dans : Poésie
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Samedi 18 août 2007

Seule dans un coin, elle souriait.

Seule dans son coin, elle pleurait.

Parfois des rires, parfois des larmes.

Le paradoxe de tout être.

Un jour heureux, un jour triste.

Elle aussi elle était comme les autres, à peu de choses près. Ce qui faisait sa différence c’était ces voix qu’elle entendait. Parfois elle dialoguait avec ces êtres invisibles. Elle demandait les nouvelles d’une mère qu’elle n’avait pas connue. Avant, on la regardait sans la comprendre, maintenant on l’ignorait. Elle était toujours assise là, sur le trottoir en face de la librairie. Elle passait son temps à attendre un ange inconnu. Elle ne demandait rien, ni argent ni nourriture. Elle restait juste là à attendre.

Plusieurs années auparavant, un homme qui lui ressemblait l’avait laissée là, prétendant aller acheter un pain. Il était entré dans la boulangerie et n’en était jamais ressorti. Elle l’attendait toujours. Pourtant elle savait qu’il ne reviendrait pas mais elle n’avait rien d’autre à faire qu’attendre toute sa vie ce fantôme.

Holly n’avait encore que 17 ans mais elle avait déjà tout vu dans cette rue où elle attendait.

Par Gomel - Publié dans : Récits courts
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Samedi 18 août 2007
Même principe, voici les dix mots : nuage-travesti-poule-accordéon-nager-rose-œil-poète-bizarre-banquise 

Et mon poème : 

La nouvelle muse

Sur un nuage rose valsait une muse
Dont le corps de banquise gelait tous les cœurs
Fragiles des poètes telle une méduse.

Son visage travesti par un maléfice
Scrutait un bizarre chantre d’un œil en pleurs.

Il jouait à l’accordéon un doux supplice,
Une vie dans laquelle nageait le malheur.

La belle poule offrit les mots au musicien
Et devint du nouveau poète ange gardien.
Par Gomel - Publié dans : Jeux
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Vendredi 17 août 2007

Jeu

Ceci est un poème résultant d'un jeu poétique : Créer un poème en alexandrins à partir de dix mots. Voici la liste de ces dix mots : piste - arène - toile - chevaucher - sable - musicien - rivière - furieux - hanches - verre. 
Et voici le poème en résultant : 

Le ballet des amants

Une piste de danse arène de poètes,
Où deux corps humains sur une toile muette
Bougent leurs hanches au son d'un piano furieux.

Le sable sous leurs pieds devient roche ou verre,
Griffant la peau, ébranlant le sang, c'est nerveux.

Une rivière de maux chevauche les vers
Posés par le musicien, comédien aussi
De l'intemporelle et nouvelle tragédie.

Gomel
Par Gomel - Publié dans : Jeux
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Jeudi 16 août 2007

            Ici tout était champ de ruines et désolation. Des corps et du sang s’entassaient sur le tapis autrefois vert, maintenant noir. La seule pâquerette encore en vie regardait tristement ses sœurs mortes. Le ciel faisait rage, criant contre nos meurtres et nos péchés. La guerre avait détruit l’honneur de nos troupes et la fraternité de nos hommes.

            Chacun courait parmi les troupeaux mêlés pour assassiner, égorger, éventrer, massacrer les ennemis. Plus nous tirions et plus nous répandions le deuil. Et lorsqu’un poltron tentait de s’échapper, un soldat, allié ou adversaire, l’abattait à côté de ses frères.

            Puis au bout de quelques jours, lorsque la bataille vit sa fin approcher, il ne resta plus que de pauvres petits groupes d’acharnés, utilisant leurs dernières forces pour essayer de gagner cette maudite guerre déjà perdue. Et ce fut à cet instant que je vis une lumière percer les ténèbres. Etait-ce un ange ? Non ; le flou prenait toute autre forme. La mort ? Impossible ; la créature devant moi était vêtue de blanc. Mais qui, qui cela pouvait-il être ? Je crus tout d’abord à une hallucination, mais non, chacun de nous voyait cette créature. Je crois… je crois que ce fut la peur en personne.

Les valeureux soldats se mirent à fuir, de peur sans doute, en hurlant, bousculant ceux qui leur barraient le chemin. Maintenant la guerre était oubliée, nous étions tous les mêmes, tous de la même valeur. Nous étions prêts à sacrifier n’importe qui pour nous permettre de survivre, autant nos alliés que nos adversaires. Nous ne faisions plus aucune différence entre nous. Maintenant chacun devait se débrouiller seul, il n’y aurait ni héros ni lâches. Nous devions courir sans réfléchir, piétiner les plus lents, frapper les plus faibles, pour nous enfuir. La folie de peur avait pris possession de chacun de nous.

            Les soldats devant moi disparaissaient. Que se passait-il encore ? Quand vint mon tour je compris. Une crevasse s’élevait devant mon corps et je ne pus freiner à temps, puni de mes crimes.

Par Gomel - Publié dans : Récits courts
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 16 août 2007

Enfermé dans sa chambre Serens attendait le retour de sa gardienne. Cela faisait plus d’une heure qu’elle l’avait quitté. Il s’inquiétait pour elle. Bien qu’elle soit démone elle avait aussi ses faiblesses. Il ramassa ses clés et sortit de la maison. La guerrière lui avait dit de rester barricadé mais il ne voulait pas la laisser seule. Il courut jusqu’au par cet s’arrêta, essoufflé. Il s’assît sur un banc et plongea sa tête entre ses mains. A ce moment-là un garçon s’approcha de lui.

« C’est toi qui accompagnais Vivi hier soir ? Ça tombe bien j’aurais voulu te parler… 

- Désolé mais vous faites erreur, je ne connais pas de Vivi… »

Après un court moment de réflexion l’étudiant releva son visage. Il reconnut ce garçon de la veille qui était venu aborder Rory dans le bus. Il se leva et serra sa main.

« Euh… Oui, désolé, c’est bien moi. Je n’ai pas l’habitude d’entendre son véritable nom alors… Enfin si c’est bien son vrai nom…

- Oui c’est son nom. Pourquoi ? Elle l’aurait changé ? »

Serens hésitait. Il ne voulait pas faire de tort à son amie en révélant ce qu’il savait d’elle à un homme à qui elle semblait ne plus vouloir parler. Pourtant il avait l’air inoffensif. Il paraissait être quelqu’un de confiance qui ne ferait de mal à personne.

« A présent elle s’appelle Rory. Je ne sais pas grand chose d’elle… Juste qu’elle est née en Inde… Elle ne m’a jamais rien dit de plus. J’ai cru comprendre que ses parents étaient morts mais elle ne veut pas dire la vérité sur eux…

- Oui je sais tout cela. Je vivais près de chez elle. Nous étions de très proches amis à l’époque. Vraiment très proches… »

Serens voulait en savoir plus sur son passé mais n’osait pas l’avouer. Alors il regarda ses chaussures. Il était jaloux. Jaloux de savoir que ce garçon avait vécu un long moment avec elle. Jaloux que ce garçon sache bien plus de choses que lui sur « Vivi ». Celes s’assît sur le banc et invita l’étudiant à en faire de même.

« Tu voudrais en savoir, n’est-ce pas ? D’accord je vais te parler d’elle. Mais avant j’aimerais savoir quelque chose. Est-ce que tous les deux… vous êtes ensemble ? »

L’adolescent fut surpris de cette question et ses joues rougirent. Il n’osait pas regarder son interlocuteur dans les yeux. Il commença à aligner quelques mots maladroits pour tenter de lui répondre.

« Je… Enfin nous… Non. Nous ne sommes pas ensembles…

- Je vois… A moi de tenir parole maintenant. Nous devions avoir huit ans lors de notre rencontre. Nous n’étions pas encore amis mais nous connaissions les mêmes personnes. Un jour il était prévu que notre groupe aille assassiner le chef de notre pays. Mais nous n’étions que des gosses alors je te laisse imaginer. La mission a bien sûr échoué et nous avons dû fuir. A ce moment-là nous étions trois, Vivi, moi et un autre ami. Vivi a trébuché sur des racines et s’était blessée la cheville. L’autre garçon a continué de courir et d’ignorer ses cris alors je suis allé l’aider. Depuis nous étions devenus les meilleurs amis du monde. On avait laissé tomber les autres gars du clan et elle venait souvent chez moi. Puis un jour nos parents ont décidé que nous nous marierions lors de notre majorité. Mais son père et sa mère ont été assassinés peu de temps après cette annonce, pendus devant ses yeux. Voilà toute l’histoire. »

Serens était abasourdi. Il s’était imaginé beaucoup d’histoires sur le passé de sa gardienne mais jamais une de la sorte. Il resta bouche bée, ne sachant trop quoi dire. Celes prit alors la parole, devinant le garçon gêné.

« Qui est-elle à présent ? Comment tu l’as rencontrée ?

- Je… Je ne sais pas.. Enfin, elle a débarqué chez moi un soir avec son sabre à la main en prétendant être mon garde du corps. Apparemment elle travaille pour une société ou je ne sais trop quoi qui répand le mal un peu partout. Mais elle ne m’a jamais expliqué pourquoi elle me protégeait. Quand je l’interroge elle me répond que le moment de dévoiler la vérité n’est pas encore arrivé. Dis-moi, tu es venu au Japon pour la retrouver ? Tu veux toujours l’épouser ?

- Non je te rassure, je ne compte pas l’épouser. Je suis venu au Japon pour suivre une autre femme.

- Je vois… »

Un silence s'établît un instant. Au bout d’une minute Gus arriva. Il fit de grands signes à son ami et courut vers lui. Il manqua de peu de trébucher sur un caillou puis se jeta sur le banc aux côtés de l’étudiant, un grand sourire aux lèvres.

« Serens ! Tu t’es encore fait un ami ? Tu n’as plus besoin de moi j’ai l’impression ! Tu ne m’as pas donné de nouvelles depuis un moment ! Tu me manques tu sais… Comment va ta copine ? Rory ? Elle me manque elle aussi ! »

Le garçon prit un air consterné. Mais cela lui rappela ce pour quoi il était sorti de chez lui. Il se leva rapidement mais ne put partir, retenu par son ami.

« Gus s’il te plaît je suis pressé, il faut que je parte !

- Pas avant que tu m’aies donné des nouvelles de ma copine…

- Quoi ? ta copine ? Elle veut pas de toi crétin ! Ce n’est pas toi qu’elle aime ! »

Le blondinet relâcha son camarade et se leva à son tour. Ses traits étaient sérieux. Sans prévenir il décocha un coup de poing à Serens.

« C’est comme ça que tu me remercies d’être là pour toi ? Très bien… Tu veux Rory ? Alors il va falloir la gagner…

- Je ne veux pas Rory…

- Tu ne l’aimes pas ? Elle t’est indifférente ? C’est quoi le problème ? Elle est trop moche pour toi ? Ou trop stupide peut-être ? 

- Mais non pas du tout ! Je ne suis pas amoureux c’est tout, je te la laisse !

- Tu parles d’elle comme si c’était une marchandise ! Je vais t’apprendre à la respecter moi ! »

Les poings serrés, Gus commença à provoquer son ami. Ce dernier ne voulait pas se battre mais il ne sait quelle raison le poussa à frapper. Les deux garçons se cognaient dessus. Celes s’éclipsa, ne voulant être témoin de ces gamins. Quelques secondes s’écoulèrent à peine et Rory arriva. Elle avait entendu des cris et des coups et avait reconnu son protégé. Elle s’approcha d’eux et les observa. Elle s’amusait trop pour pouvoir intervenir. Mais lorsqu’elle vit des gouttes de sang apparaître elle attrapa les deux adolescents, sans craindre les coups qui étaient portés au hasard.

« Ça va ? On a fini de jouer ? Serens, je suis censée te protéger ! Comment veux-tu que j’accomplisse ma besogne si tu sors comme ça sans prévenir !

- Mais… C’est lui qui a commencé !

- Quel gamin… »

La guerrière relâcha Gus, le regard froid. Son nez était en sang et ses joues étaient rouges. Il n’osait pas bouger. Il était terrifié par ces yeux noirs.

« Essaie rien qu’une seule fois de toucher encore à Serens et je te tue ! Fais-toi pardonner ! A genoux ! »

Il s’exécuta sur-le-champ, sans discuter. Rory gifla le garçon, attrapa son protégé par le bras et s’en alla rapidement. Tous les deux marchèrent en silence jusqu’à la maison. Une fois à l’intérieur la fille des Enfers fit asseoir Serens et le regarda droit dans les yeux.

« Pourquoi ? Pourquoi t’es-tu battu avec ce triple idiot ? »

L’adolescent ne répondit pas. Il baissa la tête et rougît.

« Tu voulais prouver quoi ? Que tu n’avais pas besoin de moi ? Que tu étais capable de te défendre face à tes agresseurs ? Raconte-moi, pour une fois je t’écoute !

- Non, je ne voulais rien prouver du tout… Il m’a provoqué et j’ai réagis. Je ne voulais pas qu’il me prenne pour un lâche… 

- Pourquoi ? C’est lâche de refuser de se battre ? De refuser de faire du mal aux autres ? Tu n’es un abruti… »

Rory était folle de rage. Si un ennemi était arrivé avant elle il aurait attaqué Serens et l’aurait tué. Il était irresponsable. Elle s’apprêta à sortir quand le garçon se mit à parler, l’arrêtant dans son élan.

« Lorsque j’étais au collège je n’avais aucun ami. Je me faisais harceler par tout le monde. Personne ne m’aimait. J’étais le bouffon du bahut. Alors quand je suis entré au lycée j’ai voulu que ça change. J’ai bossé comme un malade pour être le meilleur partout et me faire admiré de tous. Je n’avais pas de vie. Je ne sortais jamais et je n’avais toujours aucun ami. Puis j’ai rencontré Gus. Je travaillais sous un arbre et il est venu me voir. Il est devenu mon meilleur ami. Depuis ce jour ma popularité a grimpé et tout le monde m’enviait. Je ne sais pas exactement pourquoi, et franchement je ne veux pas le savoir, ça m’est égal. Je suis vraiment très heureux d’avoir rencontré Gus. Sans lui je ne serais rien. et je m’en veux de m’être battu avec lui. Mais il est tellement jaloux et possessif ! »

La gardienne, après avoir écouté ce qu’il avait à dire sortit.

Par Gomel - Publié dans : Rory
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 15 août 2007

            Sans rien dire de plus, elle raccompagna Serens et partit, de toit en toit, jusqu’à l’église de la ville. Elle la trouva sans trop de difficultés. Cependant elle hésita à y entrer. Ce genre d’endroits était réputé dangereux pour tout être maléfique qui y pénétrait. Mais elle poussa tout de même la porte et s’infiltra dans le lieu de culte.

            A l’intérieur il y avait une dizaine de personnes qui priaient mais aucun homme de Dieu. Elle s’enfonça un peu plus dans l’église jusqu’à arriver devant les lignées de bancs. Là, elle se tourna vers tous les pieux, le sabre en l’air, et s’écria :

            « Sortez ! Je suis l’envoyée du mal et je viens ici défier votre Seigneur ! Ce ne sera pas beau à voir alors je vous conseille de vous en aller ! »

            Les hommes et les femmes alors présents se levèrent tous et partirent en courant, la plupart en poussant des cris. Ils se bousculaient pour se précipiter les premiers vers la sortie. Rory s’esclaffa devant ce spectacle puis appela de nouveau :

            « Je suis ici afin de voir le prêtre Malak ! Montre-toi vermine que je te purifie ! »

            Une silhouette émergea alors d’une pièce du fond et s’approcha de la guerrière. Elle s’avança jusqu’à quelques mètres de la femme. C’était un homme, grand et chauve, en habit noir. La tenue typique d’un homme d’église. Il tenait ses mains jointes avec un grand sourire.

            « Tu n’as pas eu peur de pénétrer dans ce lieu saint, pécheresse. Mais je vais m’arranger pour que tous tes crimes soient punis.

            - Toi, tu ne peux rien contre moi. Il n’y a même pas une heure j’ai tué l’un de tes hommes. Slice il me semble.

- Ce nom ne me dit rien, tu fais erreur.

- Ne cherche pas d’échappatoire, il t’a balancé… Tes hommes te sont tellement fidèles…

- Ne les juge pas, seul Dieu le peut. Qui es-tu pour venir me provoquer en ce lieu saint ?

- Je suis le bras droit du Seigneur des Enfers !

- Et que veux-tu de moi ?

- Je veux savoir qui est le responsable des tentatives de meurtre de Serens.

- Le Seigneur veut la paix sur Terre, et pour cela il éliminera tous ceux qui chercheront à l’en empêcher…

- Remballes tes salades et réponds-moi !

- Je suis fidèle à Dieu, jamais je ne dirai quoi que ce soit…

- Soit. Tes hommes ont tous craqué sous ma lame, tu le feras aussi ! »

Rory se jeta, le sabre en avant, sur le prêtre. Mais alors qu’elle le frappa de plein fouet, elle ne toucha que du vide. Malak était entouré d’une sorte de bouclier qui le protégeait de toute attaque physique ou magique.

« Le mal ne peut pas me toucher. Tes mains sont ornées de sang, tu es trop sale pour pouvoir m’atteindre. Je te laisse une dernière chance, Dieu sait pardonner ses brebis. Oublie-moi. Oublie celui qui t’utilise. Oublie ton passé et reprends une vie normale. Je peux te guider dans le droit chemin si tu le souhaites.

- Mais qu’est-ce que tu me racontes ? Retire ta carapace et affrontes-moi comme un homme ! »

Le prêtre fit quelques pas sur le côté, laissant paraître derrière lui une enfant d’une quinzaine d’années. La guerrière fut surprise. Elle ne s’attendait pas à ce que cet homme se serve d’un humain pour la combattre. La fille avait un chapelet de métal divin, cerné de pointes acérées, dans sa main droite. Elle se tenait la tête baissée et les bras pendants. Malak observa la réaction de Rory, qui restait bouche bée, et il sourit.

« Les présentations… Rory, voici Eden, mon élève, je l’ai recueillie alors qu’elle venait d’être abandonnée aux Enfers, comme toi, seulement elle, elle m’a écouté. Eden, je te présente Rory, une des filles de Satan. Ne soyez pas trop longues… »

L’enfant fit quelques pas en avant et releva sa tête. Ses yeux bleus contrastaient avec sa chevelure brune. Elle semblait avoir dix ans avec son visage enfantin et sa robe de poupée. La gardienne des Enfers se montra froide et brandit son sabre. Ce fut elle qui courut la première vers l’ennemi. Elle assenait la petite de coups mais cette dernière ripostait avec son chapelet. Elle le maniait avec tellement de rapidité qu’il devenait aussi dur que de la pierre lorsqu’il recevait des chocs. Au bout d’un moment, Eden fit tourner son arme et la lança vers le sabre pour l’enlacer et le jeter plus loin au sol.

Rory regarda la lame partir puis observa la fille. Elle était calme et savait parfaitement ce qu’elle faisait. Sans doute le chapelet ne devait pas être sa seule arme, elle possédait probablement quelque pouvoir divin. La guerrière songea donc à utiliser ses propres maléfices, mais avant même qu’elle ait eu le temps de faire quoi que ce soit Eden lui frappa le visage avec le chapelet, puis les jambes et le ventre, la faisant tomber à genoux. L’ange de Satan voyait son sang couler le long de son visage et glisser au sol. Elle regarda ses mains rougies, la bouche entrouverte. Elle n’avait pas eu le temps de voir les coups arriver, tout s’était déroulé trop rapidement. Eden quant à elle ne parut pas surprise et ne laissait deviner aucune trace d’une satisfaction quelconque. La gardienne se tenait le ventre avec sa main, voulant retenir le sang qui s’en allait.

« Comment pourrais-tu être aussi forte à ton âge ? Tu n’es qu’un démon, comme moi ! »

L’enfant regarda Rory dans les yeux, vide d’expression. Elle la dévisageait comme si elle l’étudiait.

« Je suis peut-être un démon mais je sers les forces du bien. Tu as peur, n’est-ce pas ? Tu es effrayée à l’idée de perdre contre moi et d’être châtiée par ton maître. Tu te sens toute petite face à moi, tu as l’impression de n’être que l’une de ces proies que tu chasses. Allons, n’essaie pas de cacher ces craintes, laisse-moi les étreindre à jamais. Après tout, tu sais parfaitement que tu ne vivras que jusqu’à la première faute que tu feras, cette faute qui t’attirera les foudres de Satan. Alors offre-moi ton âme ! 

- Mais qui es-tu ? Comment peux-tu savoir tout cela ? Tu… Tu aurais lu mes pensées ?

- Pauvre orpheline, n’essaie pas de gagner du temps. C’est inutile. Je fus esclave de Satan il fut un temps. Et il est possible, même pour des anges déchus, de mourir. Tu es tellement triste, pourquoi ne veux-tu pas en finir avec tout cela ? J’ai le pouvoir de te libérer, laisse-moi faire. »

Avec quelques difficultés, Rory se releva, la main toujours contre son ventre. Elle tituba un peu et se mit à marcher en face de la petite sainte.

« Non. Tu ne lis pas mes pensées… Tu veux seulement me le faire croire mais tu n’es pas assez douée pour ça. Tu vois, Eden… Tu permets que je t’appelle par ton nom ? Peu importe… Tu vois, au fond tu m’attristes. Tu t’es laissée embobiner par ce vieux prêtre, croyant que tu courrais à ta perte aux côtés des « méchants ». Mais tu ne te rends même pas compte à quel point tu n’es que la marionnette de Malak ! Il t’utilise mais une fois que tu lui seras devenue inutile il se débarrassera de toi ! Regarde-toi ! Tu n’as que quinze ans et tu es déjà couverte de sang ! Et c’est pour servir le bien tu dis ? Mais Dieu bannit la violence et la cruauté ! Même moi, pécheresse, je le sais ! Alors comment peux-tu l’ignorer ? »

La guerrière fixa son adversaire, attendant quelles seraient les réactions de l’enfant. Cette dernière tomba à genoux et se mit à pleurer. Rory courut vers elle et l’enveloppa de ses bras.

« Ne pleures plus. Viens avec moi et je te protégerai de tout cela… »

Eden leva ses yeux vers la protectrice et d’un geste rapide lui passa le chapelet autour de la gorge.

«  Quelle faiblesse ! C’est indigne d’une fille de Satan ! Comment peux-tu t’attendrir face à une petite fille ? Pauvre idiote ! Tu vas mourir parce que tu es devenue trop humaine ! Je veux ta tête ! »

La gorge de la gardienne se resserrait petit à petit. Le sang coulait depuis les pointes en métal enfoncées dans son cou et Rory sentait sa respiration diminuer. Mais elle attrapa les bras de son ennemie et fit apparaître dans chacune de ses mains une boule d’énergie argentée. Les poignets d’Eden explosèrent alors, laissant les mains et le chapelet tomber au sol. La guerrière haleta un instant. L’enfant, elle, tomba par terre. Elle n’essaya pas de se relever et resta couchée, la bouche ouverte, surprise. L’ange des Enfers se pencha vers elle et lui caressa le visage.

« Tout à l’heure, tu versais de véritables larmes, n’est-ce pas ? Tu ne voulais qu’une chose… Mourir, parce que tu savais que j’avais raison. Ses mots t’avaient séduite. Mais c’est pardonnable, tu étais si jeune… Tu n’aspirais qu’à une chose, avoir un parent à qui t’attacher… Mais il s’est révélé que Malak n’était pas un père comme tu l’aurais voulu. Ne t’inquiètes pas, Dieu sait pardonner à une enfant. Tu iras au Paradis et tu y retrouveras ta famille. »

Des larmes glissaient le long des joues d’Eden, mouillant ses longs cheveux. Elle regardait le plafond de l’église, là où un ange avait été peint, s’envolant vers le ciel. Rory lui caressa la chevelure et versa une unique larme.

« N’aie pas peur de mourir… Tu n’es pas seule, je vais t’accompagner… »

La gardienne se leva et ferma les yeux. Elle se concentra un instant, les poings fermés. Le corps de l’enfant se souleva petit à petit, s’émietta puis s’envola en poussière. Rory tourna alors son regard vers le prêtre qui avait attendu là tout ce temps. Il prit peur et voulut s’enfuir au fond de la chapelle. Mais l’ange gardien disparut pour réapparaître devant lui.

« Toi ! »

A chaque pas qu’elle fit elle repoussait d’un coup de poing Malak. Ses yeux étaient devenus noirs. Elle ne voulait pas le tuer. Elle voulait le torturer comme il avait torturé la pauvre Eden.

« Je vais te détruire ! »

Rory s’arrêta tandis que le prêtre, lui, continuait de reculer. Il voulut calmer la vengeresse avec un grand sourire mais elle ne montra aucun signe de défaillance.

« Voyons, voyons ! Nous pouvons trouver un compromis ! Si je te dis tout ce que tu veux savoir tu me laisses vivre et puis je disparais ! Tu n’entendras plus parler de moi !

- C’est ce dont je vais me charger…

- Je t’en prie, laisse-moi vivre ! J’ai encore tant à faire ! Je suis encore si jeune ! Pense aux enfants qu’il me faut aider !

- C’est justement pour eux que je vais te démolir… »

Par Gomel - Publié dans : Rory
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 15 août 2007

La chambre était vide. Serens était dans la salle de bains. Rory s’étira et sauta du bureau. Le dimanche était un jour de repos, jour du Seigneur, et le garçon ne ferait rien de sa journée. Il se contenterait de manger des chips devant des films d’action. La guerrière ouvrit la porte d’entrée et regarda un instant son protégé.

« Je n’en ai pas pour longtemps. En théorie il ne devrait rien t’arriver pendant mon absence. Contente-toi de rester bien sagement ici, le verrou fermé.

- C’est ce que je comptais faire… Je ne comprends pas. Avant ton arrivée je vivais bien tranquillement et personne n’a jamais essayé de me…

- Des choses ont changé, ton histoire en l’occurrence, mais je ne peux pas t’en dire plus, je dois attendre que tu sois prêt. »

Rory sortit et monta sur le toit de la maison. Après s’être assurée que Serens ferme la maison à clé, elle sauta sur la toiture voisine et ainsi jusqu’à arriver devant une demeure bien précise. 

Sur son toit d’ardoise, elle observait une fille à peine plus jeune qu’elle. Elle s’était assise, les bras autour de ses genoux. Elle voyait cette enfant, heureuse, entourée d’un père et d’un petit frère qui semblaient l’aimer. Une tristesse mêlée de rage envahit la malheureuse. Et alors qu’elle espionnait jalousement encore l’adolescente, une larme cristalline apparut au creux de son œil et glissa le long de sa joue. Une deuxième, puis une troisième larme se jetèrent elles aussi dans le vide. Rory mit sa main sur sa bouche, surprenant ses pleurs. Elle ramassa son arme, se leva et fit dos à cette scène. Elle attendit un instant que ses yeux tristes retrouvent cette couleur de haine qu’elle avait, et s’en alla, sautant de toit en toit.

En deux minutes elle était revenue à la demeure de son protégé. Elle pénétra silencieusement dans la maison et entra dans la chambre de Serens. Il ne dormait pas. Il attendait.

« Tu chassais les souris ?

- Oui, et la plus grosse c’est toi.

- Tes yeux sont rougis. Toi le cœur de glace tu aurais pleuré ?

- J’avais quelque chose dans l’œil. Pourquoi ? Tu veux savoir ce que ça fait d’avoir une aiguille dans l’iris ?

- D’accord ! D’accord ! Je ne te demande aucune explication ! Euh… Je suis désolé de te demander ça mais… j’aimerais me promener dans le parc.

- C’est toi le patron. »

Le garçon revêtit une veste et sortit, suivie de son garde du corps. Ensemble, l’un derrière l’autre, ils allèrent jusqu’au parc, situé à quelques mètres de la maison de l’adolescent. Ils s’assirent sur un banc et laissèrent un blanc s’installer. Après un moment, Serens prit son courage à deux mains et voulut entamer une conversation avec Rory.

« Dis-moi… D’où viens-tu ?

- En quoi ça te regarde ?

- Je voulais juste savoir… »

L’ange gardien regarda son protégé. Il observait le sol, un peu triste. Elle ressentit alors un peu de remords.

« Je viens d’Inde. De Kanpur.

- Alors tu n’es pas du Japon !

- Belle déduction Sherlock !

- Et depuis quand tu es ici ?

- C’est un interrogatoire ?

- Non, je voudrais juste en savoir plus sur toi, puisque nous devons vivre ensemble un certain temps.

- Très bien. Je suis au Japon depuis que j’ai sept ans à peu près.

- Pourquoi as-tu déménagé ici ?

- Je n’ai pas déménagé, je me suis faite enlevée.

- Et tu as été revendue, c’est ça ? Je suis désolé.

- Non je n’ai pas été revendue. J’ai été mise au service de… de cette organisation. Depuis je travaille pour eux. J’ai été nommée bras droit de leur chef il y a maintenant quelques années.

- Tu enlèves des enfants ?

- Non, je suis une meurtrière. Cette organisation ne se contente pas d’enlever des gosses. Elle fait tout ce qui pourrait être dit de « mal ».

- Et moi dans tout ça, je suis quoi ?

- Je te l’ai dit, tu n’es pas encore prêt à le savoir… Mais un grand avenir t’attend. »

Serens semblait perdu. Il ne savait pas ce qui l’attendait et il en était effrayé. Mais que pouvait-il faire d’autre qu’attendre la fin de tout cela ? Il n’était pas question qu’il fasse appel à la police, ce serait mettre trop de vies en jeu. Il avait déjà pu voir de quoi était capable son garde du corps.

Rory se leva et scruta le parc. Elle fit un signe au garçon pour lui faire comprendre de ne pas bouger et de rester silencieux. Elle s’avança de quelques pas et un homme, menaçant,  sortit de nulle part pour faire face à la guerrière. Cette dernière observa l’étranger et gloussa.

« Tu es ma nouvelle souris, c’est ça ? Alors j’espère que tu seras de taille et que je pourrais m’amuser un peu avant de te tuer ! »

            L’ennemi était un homme de grande taille, entièrement habillé de noir et les cheveux blonds. Les milliers d’étoiles dans le ciel brillaient aussi fort que les yeux de Rory. Elle avait enfin un adversaire avec lequel elle pourrait jouer. Il portait un sabre plus épais que le sien.

            « Tu vas te casser un ongle ma jolie.

            - Et toi toutes tes dents. »

            La gardienne courut vers l’homme masqué, arme en main. Ce dernier, d’un coup de sabre, la repoussa d’au moins deux mètres. Il en profita pour galoper vers elle et la blesser à l’épaule.

            « Tu disais que j’étais la souris c’est ça ? Depuis quand la proie devient prédateur ? Ou alors ce serait l’inverse ? »

            Quelques gouttes de sang tombèrent au sol. Pour la première fois son ennemi serait intéressant à battre. Rory tenta d’oublier son mal et se jeta sur l’ennemi qui esquiva l’attaque. Elle fit un pas en arrière et frappa de son pied le visage blond. En le reposant au sol elle s’accroupit pour prendre de l’élan et bondir. L’homme fut surpris et ne vit que trop tard le sabre s’abattre sur son épaule. Il tomba sous le choc et roula un peu plus loin. La plaie était profonde, laissant découvrir le blanc de ses os. Des gouttes de sueur perlaient sur son front. La femme, debout, se remit en garde, le sabre à la verticale, le souffle haletant. L’ennemi se mit à rire ouvertement.

            « Oui, vas-y ! Frappe-moi ! Enfin je m’amuse ! C’est avec délice que je vais te découper en morceaux ! C’est quoi le suivant ? Ta main ? Ok, c’est parti !

            - Ce type est frappé… S’il ne m’a pas tuée tout à l’heure c’était un acte volontaire. Il veut me tuer à petit feu, en découpant chacun de mes membres un à un ! »

            Serens, qui suivait la scène, était effrayé. Il était collé contre un mur, les yeux écarquillés et la bouche à demi ouverte.

            « Mais pourquoi ce cinglé me poursuit ?! Rory ! Tu es au courant de quelque chose que je devrais savoir ! C’est quoi cette merde ?!

            - Tais-toi et garde ton sang froid. Ce gars est un envoyé de Dieu… J’ai besoin de calme pour le vaincre.

            - Quoi ?! Mais il me reproche quoi Dieu ?! J’ai été si infidèle que ça pour qu’il m’en veuille à ce point ?!

            - Mais non. Ne cherche pas à comprendre pour l’instant, c’est trop tôt. Content-toi de rester calme. »

            Rory se redressa et se concentra. Une légère lumière bleue brilla autour de son corps. La lueur semblait s’être évaporée de l’âme de la gardienne. Cette dernière regarda son ennemi avec insistance.

            « Tu es prêt mon amour ? Car à partir de maintenant c’est moi qui aie l’avantage… »

            Elle tendit sa main vers l’intrus et l’ouvrit. Une forme ronde y apparut, de couleur noir et argentée, grandissant chaque seconde jusqu’à devenir aussi large qu’une tête. Rory leva sa main à hauteur de ses lèvres et souffla légèrement. La boule de magie décolla alors rapidement de la paume, se dirigeant vers l’ennemi. Celui-ci se jeta sur le côté, tentant de l’éviter, mais elle le suivait malgré lui, le touchant de plein fouet au visage.

            « Cela faisait longtemps que je n’en avais pas rencontré ! Tu es au service du diable, n’est-ce pas ? Donc je suppose que tu es immortelle ! Dans ce cas… »

            Mais Rory ne lui laissa pas le temps de faire quoi que ce soit. Elle se rua sur lui et coupa l’un de ses bras.

            « Ecoute-moi bien ! Je ne te tuerai pas tant que je ne saurai pas qui t’a envoyé assassiner mon petit protégé ! Mais ne te crois pas pour autant sauvé ! Je vais te torturer jusqu’à ce que tu craches le morceau ! »

            La guerrière empoigna la gorge de son ennemi et le menaça de son sabre. Il riait jusqu’à en avoir les larmes aux yeux.

            « Donne-moi ton nom !

            - Je n’ai pas de nom, comme toi je suis un orphelin sans famille et sans identité.

            - Ne te moque pas de moi ! »

            L’ange de Satan lança un poing sur le visage de l’homme, lui brisant le nez. Il ravala sa salive et mais ne redevint pas pour autant sérieux. Un grand sourire se dessina sur sa face à l’adresse de la femme.

            « Dans ce cas tu peux m’appeler Slice. Mais ne me fais pas de mal s’il te plaît ! Je te dirai tout ce que tu veux ! »

            Assurée que Serens ne voyait rien de ce qu’il se passait, Rory planta son arme dans la joue de son adversaire.

            « Tu as intérêt à me vouvoyer ! Je suis ton nouveau maître mon chéri ! Alors maintenant dis-moi qui est celui qui a voulu tuer mon protégé ! »

            Slice frotta la main qui lui restait sur sa jambe, un sourire crispé aux lèvres, et tourna son regard vers le sol.

            « Mon maître… Enfin mon ancien maître… est l’homme le plus puissant de la ville… 

            - Je sais déjà ça !

            - Euh… Oui… Euh… Il me semble que son nom est Enkidu.

            - Dis-moi où il est !

            - Vous ne le trouverez jamais ! Il est caché là où les anges même de Satan ne peuvent aller ! Il est dans l’endroit le plus reculé du monde !

            - Les guerriers des Enfers peuvent aller partout ! Dis-moi où il se cache !

            - Je n’en sais rien moi ! Personne ne sait où est le maître ! Je vous le jure ! Tout ce que je vous ai dit est incertain ! C’est une rumeur qui court c’est tout ! Mais je peux vous dire qui pourra sans doute vous aider…

            - Parle je t’écoute…

            - Promettez-moi avant que vous ne me ferez rien de mal et que vous ne me tuerez pas !

            - Je t’en donne ma parole.

            - Le prêtre Malak. Il vit dans cette ville. Dans la seule église de cette ville. »

            La guerrière lâcha son prisonnier qui retomba lourdement sur le gravier. Elle le fixa mais lui ne la regardait pas. Il était effrayé, il avait peur de ce qui allait se passer à présent qu’il avait tout confessé et qu’il ne servait donc plus à rien. Rory le dévisagea. Elle saisit son sabre et d’un coup rapide trancha la gorge de son ennemi.

            « Ceux qui appartiennent aux Enfers n’ont aucune parole… »

            La guerrière laissa le corps de son ennemi sur le sol et s’en retourna vers Serens. Ce dernier tremblait mais il tentait de se maîtriser. Il regarda sa gardienne dans les yeux puis baissa les siens. Il n’osait plus parler mais il s’efforça d’esquisser quelques mots.

            « Qu’est-ce… Qu’est-ce que tu vas faire maintenant ? »

            Rory dévisagea le garçon. Elle rangea son sabre et agrippa son protégé par le bras.

            « Toi tu rentres chez toi, moi je vais voir ce Malak. »

Par Gomel - Publié dans : Rory
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus