Présentation

Catégories

Recherche

Calendrier

Juillet 2009
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>

Mercredi 15 août 2007
Les bras, des serpents, autour de la taille, 
Les jambes unies, cercles impétueux, 
Les cheveux emmêlés d'ébène ou de paille, 
Danse connue par les seuls amoureux. 

Cinq mille ans que leurs âmes sont unies
Pour le meilleur et pour le pire. 
Par-delà Dieu et le diable sont les impies, 
Dévorés par la passion et non l'avenir. 

Sous l'épaisse terre sont cachés
Les amants tendrement enlacés. 
Ainsi fut-il perdu, 
Le couple aux mille vertus.
Par Gomel - Publié dans : Poésie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 15 août 2007

            Il était une fois un petit lapin blanc. Il n’avait ni père ni mère le pauvre orphelin. Il avait perdu tous ses amis le pauvre enfant. En fait, il n’avait plus rien. Alors pourquoi vivait-il encore ? Tout simplement parce qu’il espérait. Il espérait qu’il serait un jour libéré de cette malédiction qui le poursuivait.

            Un jour que le petit lapin blanc trottinait dans l’herbe, une fumée fut émise du centre de la forêt. Chacun des petits animaux qui habitaient la forêt fut mis en garde par leurs parents. Seulement le petit lapin blanc n’avait personne pour lui apprendre le bien et le mal, la sécurité et le danger, alors il s’avança, curieux, vers le centre de la forêt.

Peu de temps après il arriva devant un camp humain où l’on brûlait un feu. Une odeur de nourriture se proférait d’une boîte grise et brillante, trouée. Le petit lapin blanc, qui avait un peu faim, s’avança doucement vers la boîte et y entra. En un éclair tout devint noir dans un bruit sec. Le lapin mangea les graines et sentit la fatigue le gagner. Il s’allongea, ferma les yeux et salua ses parents d’une affectueuse caresse.

Par Gomel - Publié dans : Récits courts
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 15 août 2007

            « Relève-toi fille de Satan ! Montre-moi ta force ! »

            Rory cracha son sang. Elle se redressa, titubant un peu. Les deux humains blêmirent. Elle était revenue à la vie.

            « Pauvre idiot ! Je suis immortelle ! On ne t’en a donc pas informé ?

            - Tu n’es pas immortelle ! Je sais que tu possèdes un tendon d’Achille ! Et je te conseille de me dire lequel, sinon je tue cette fille !

            - Tu n’as toujours pas compris ! La vie de cette humaine m’est complètement égal ! Tu sais pourquoi je la connais n’est-ce pas ? Alors tu devrais savoir qu’elle n’a aucun intérêt pour moi ! »

            Dégainant son sabre, Rory se jeta sur son ennemi. Ce dernier lâcha sa prisonnière qui le gênait. Mais il ne se protégea pas à temps et l’arme satanique traversa sa gorge, séparant la tête du corps.

« Avant de mourir dis-moi qui est ton maître !

- L’homme… le plus puissant… de cette ville… »

L’homme rendit son dernier soupir, ignorant la colère de la femme. Les humains étaient tous partis en courant. Il ne restait plus que la gardienne, son protégé et la fille. Cette dernière était par terre, tremblante.

            «  Vous… Vous me connaissez ? Qui… êtes-vous ?

            - Oublie-moi. Ça vaut mieux pour toi. Dis-moi juste… Quel est ton nom ?

            - Anah. Je m’appelle Anah ! »

            Des policiers accouraient vers le lieu du crime. Rory attrapa le garçon par le bras et l’entraîna loin du parc. Elle était inquiète. Quelqu’un avait engagé des tueurs pour assassiner Serens. Elle ne voulait pas traîner plus longtemps dans la rue. L’ennemi connaissait une partie de son passé. Il pouvait s’en servir pour trouver quel était son point faible.

            « Serens ! On rentre chez toi ! Et maintenant ! »

            Il ne répondit pas, comprenant le danger trop grand. Mais il avait des questions à poser à sa gardienne. Elle n’était pas humaine. Elle n’était pas morte alors qu’un sabre lui avait percé le ventre. Mais pour le moment il allait lui obéir, attendant d’être en sécurité pour pouvoir l’interroger.

Les deux compagnons étaient à présent dans le bus. Il n’y avait pas grand monde à l’intérieur. Un SDF qui voyageait, ne sachant trop où il allait, cherchant juste quelques pièces là où tant de gens étaient passés ; et un groupe d’adolescents sortant tout juste d’une fête où ils avaient picolés. L’un de ces jeunes s’approcha de Rory. Il paraissait moins soûl que ses amis. Il marchait avec assurance, sans tituber, mais ses yeux étaient rouges. Il n’avait pas bu mais seulement fumé une de ces herbes qui offraient des visions et donnaient à quiconque une envie irrésistible de rire. Il regarda l’intéressée comme s’il s’agissait d’une vieille amie qu’il n’avait pas revue depuis plusieurs années.

« Non, c’est impossible ! Tu es ! Tu es Vivi Lockheart ! »

Malgré le peu de monde, il y avait beaucoup de bruit, notamment à cause du groupe d’enivrés. La guerrière dévisagea celui qui osait venir lui parler. Mais lorsqu’elle entendit le nom qu’il avait prononcé son visage changea. Ses yeux si sombres virèrent en un bleu très clair et ses lèvres agressives s’ouvrirent de surprise. Oui elle connaissait ce nom, il n’était pas né d’une vision euphorique ou d’un esprit trop embrumé. Elle l’avait porté avant de venir au service de Satan. Ses parents l’avaient appelée ainsi. Mais cela remontait en un temps lointain et depuis elle avait beaucoup grandi. Comment aurait-on pu la reconnaître après plus de quinze ans de cela ?

« Qui es-tu insolent ?

- Tu ne me reconnais pas ? Je suis Celes ! Celes Cherre ! On était…

- Je sais qui tu es ! Je m’en souviens…

- Tu sais, je n’ai pas arrêté de penser à toi depuis tout ce temps…

- Et alors ? C’est pas réciproque !

- Mais ! Après tout ce que l’on a vécu ! »

Les bras croisés, elle ne répondit pas. Elle ne regardait même pas le garçon. Serens avait suivi le peu de conversation et resta bouche bée. Il pensait que son ange gardien n’avait jamais eu de véritable contact avec qui que ce soit. D’après l’expression du visage du garçon, il comprit que lui et Rory avaient eu une longue histoire dans le passé. Il aurait voulu savoir ce qu’il s’était passé entre eux deux mais il redoutait la réaction de la guerrière. Elle ne regardait pas les yeux de Celes, elle les avait évités dès qu’elle avait su qui il était.

« Ecoute, je te conseille de m’oublier et vite si tu ne veux pas avoir d’ennui. Je voudrais épargner à ma lame de trancher d’autres têtes, elle a déjà beaucoup travaillé…

- Tu as un sabre ? Tu es un assassin ? On te paie pour tuer ? Je n’en attendais pas moins de toi, surtout après ce qu’il est arrivé… »

La fille de Satan esquissa un petit sourire et semblait avoir les yeux mouillés. De peur d’être vue, elle se ressaisit et descendit au prochain arrêt, ne sachant où il la laisserait. Celes la suivit. Elle n’avait qu’une envie, courir entre ses bras et pleurer. Mais elle ne pouvait pas se le permettre, elle la meurtrière sans cœur. Serens aussi était descendu, anxieux. Il ne l’avait jamais vue dans un tel état. Il cavala vers elle et marcha à ses côtés.

« Serens je sais que je suis censée te protéger, pardonne-moi.

- C’est pas grave. »

Celes les rattrapa en une enjambée rapide et prit sa belle par le bras. Cette dernière devint rouge. Elle sortit son sabre et le plaça sous la gorge du garçon.

« Ose me toucher encore une fois et je te promets que je te tue ! Et toi Serens je te conseille d’oublier ce qu’il s’est passé ! Compris ? »

Personne ne fit le moindre mouvement. Ce fut l’étranger qui rompit le silence. Il s’éloigna de deux pas et s’agenouilla.

« Mes excuses… Tu n’as pas changé… »

Rory rangea son arme, agrippa son protégé et s’en alla d’une allure rapide. Lorsque Celes Cherre fut assez loin, elle ralentit un peu la marche, muette. Toujours sans un bruit, ils arrivèrent au bout d’une heure dans la maison de Serens. Ce dernier se changea et se coucha directement, trop fatigué et apeuré pour dire ou faire quoi que ce soit. Sa gardienne s’asseya sur le bureau et ferma elle aussi ses yeux.

 

« Cours ! Dépêche-toi !

- J’ai plus de force dans les jambes ! Aide-moi !

- Non ! Débrouille-toi !

- Je t’en prie ! Je vais mourir ! Sauve-moi !

- Ne t’arrête pas de courir j’arrive !

- Non ! Ne t’en mêle pas !

- La ferme, idiot ! Elle a besoin d’aide ! Il faut faire quelque chose ! Si tu ne bouges pas, moi j’agis !

- Alors vas-y ! Meurs avec elle ! C’est du suicide de l’aider ! »

 

« Elle est si belle… Et ce n’est encore qu’une enfant… On pourrait lui trouver un mari… Comme ça on ne l’aura plus à notre charge et elle, elle pourra vivre dans le luxe !

- Non, ça ne marche pas comme ça… Elle n’a aucune valeur pour qui que ce soit…

- Et ce gamin… Celui avec qui elle traîne… Ses parents sont gentils avec elle… Ils pourraient… Tu sais c’est pour elle que je fais ça…

- Je sais… Nous irons demain les voir pour leur en parler… »

 

« Mon enfant, j’ai quelque chose à t’annoncer… Tu te marieras pour tes dix-huit ans… Ses parents ont beaucoup d’argent, tu seras heureuse avec lui, tu ne manqueras de rien…

- Si… de toi… »

 

Par Gomel - Publié dans : Rory
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 10 août 2007
Si vous pouviez me laisser des commentaires pour me dire ce qui va et ce qui ne va pas dans mes écrits ce serait super ! Ce me serait d'une très grande aide que d'avoir vos opinions de lecteurs ! Merci beaucoup !!
Par Gomel
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Vendredi 10 août 2007

[Je tenais à dire que ce court roman est mon tout premier, et qu'il date donc de y'a un petit moment. Je suis donc bien consciente qu'il n'est pas super. Alors soyez indulgent ! Rory est bien mieux !]



           « Avant sa destruction, le monde était recouvert d’un grand tapis vert ; il y avait des animaux sur toute la surface de la planète. Partout, des plantes et des arbres grandissaient naturellement, sans aide humaine. On pouvait voir le ciel, bleu clair il me semble, et les nuages qui parfois l’envahissaient. Ceux-ci, d’un blanc pur, lâchaient de fines pluies que l’on pouvait toucher et goûter. Quel bonheur était-ce de danser sous les pluies printanières ! On pouvait se promener le soir, sans aucune peur, libre et heureux.

A présent, le monde est recouvert d’un plafond de métal noir pour nous protéger des pluies acides et des dieux en colère. Les animaux ont disparu, nous laissant affamés sur des aliments biologiques, crées à partir de ce qu’il nous reste. Les herbes, fleurs et arbres ne sont plus que des êtres enfermés dans des bocaux, dépendants des hommes. Les rues sont des plus sombres ; si l’on s’y promène un danger nous guettera dans le but de nous tuer. La longévité de vie peut aller jusqu’à 150 ans pour les plus chanceux mais la plupart des gens sont vite tués ou suicidés. Mais avons-nous le choix ?

Les hommes ont provoqué leur propre perte lors de la troisième guerre mondiale il y a de cela quelques années. Nous, habitants de la Nouvelle Terre, subissons les conséquences de la destruction du monde.

Un grand merci à nos ancêtres ! »

 

            Le ministre avait bien parlé. Toute la foule applaudissait alors même qu’elle ne comprenait pas tout. Cheza regardait la télévision, le café entre les mains.

-         Maman ? C’est quoi un « animaux » ?

-         Mmmh… Des êtres vivants à quatre ou deux pattes qui ne parlent pas la même langue que nous et peuvent servir de nourriture. Ils ont soit des poils, soit des plumes, soit des écailles. Ils vivaient sur terre, dans les airs ou dans l’eau. Mon café.

Cheza donna la tasse à sa maîtresse, l’air pensive. Elle n’avait jamais vu d’animaux et n’en verrait jamais. Ils avaient pourtant l’air si drôles avec leurs pattes et leurs plumes.

-         Cheza. Voilà une liste des courses à faire. Sors en ville et ramène-moi tout ça.

Un grand sourire s’afficha sur le visage de la fillette. Elle attendait cela depuis tellement longtemps.

-         Ca fait quelques mois que je t’ai eue et maintenant tu as ta carte. Je pense que je peux te faire confiance.

-         Oui ! Je reviendrai vite maman !

La gamine s’en alla, heureuse, le papier à la main. Ingrid était toujours sur le canapé, étonnée.

-         Elle est… heureuse ? Sa programmation est vraiment étrange…

La femme prit un téléphone et tapota le clavier. Ça sonnait. Une voix répondit.

-         Professeur Alann ? C’est Ingrid DE LA BOHEME. Je travaille pour vous, dans le secteur recherches…

-         … Oui c’est cela même…

-         … En fait j’ai un petit problème avec mon robot. Il me semble qu’elle réfléchit un peu trop, elle se pose des questions…

-         … Oui bien sûr. C’est le 3A825H, ID8546…

-         … Oui en effet…

-         … C’est vrai ? Eh bien vous n’avez qu’à passer à mon appartement. C’est rue de France, immeuble 112.

-         … Bien. Merci…

-         … Au revoir…

Ingrid raccrocha, le sourire aux lèvres. A peine posa-t-elle le téléphone que Cheza arriva, deux bras en moins, et un sac plein de marchandises tenu entre ses lèvres.

-         Che… Cheza ! Qu’est-ce qu’il s’est passé ?

-         Y’a un monsieur qui est venu me voir et il m’a demandé si je voulais un bonbon. Alors j’ai dit oui et il m’a entraînée dans une ruelle où il n’y avait personne. Et puis un autre monsieur est arrivé avec un marteau de fer et m’a arraché les bras. Il a dit que c’était pour la bonne cause. Ça fait mal maman.

La petite plongea dans les bras de sa mère et pleura. De vrais larmes transparentes au goût sel glissaient sur les joues métalliques.

-         Des trafiquants… Je suis désolée ma chérie ! Tu n’es encore qu’une enfant, j’aurais dû me méfier. Pardonne-moi…

En quelques secondes, l’air triste et désolé d’Ingrid se transforma en méfiance. Son air inquiet et compatissant s’était changé en air sévère.

-         Mais… tu es juste un robot ! Qu’est-ce qui m’arrive ? Tu n’as pas de nerfs, ça ne peut pas te faire mal !

-         Ça fait mal au cœur maman, pas au corps.

-         Ton… cœur ? Mais ton cœur est une puce et… un robot ne peut pas avoir de telles émotions !

-         Maman…

Ingrid eut un pincement au cœur et retint ses larmes.

Quelqu’un sonna. La femme fit venir l’invité. Un homme plutôt âgé, les cheveux grisonnant, une légère barbe couleur cendres, les yeux bleus, se présenta au seuil de l’appartement. Il tenait une mallette.

-         Professeur !

-         Vous allez bien Ingrid ?

-         Euh… Oui oui !

Le professeur Alann regarda la petite blonde et esquissa un sourire. Elle l’observait elle aussi, timide, les joues quelque peu rougies. Puis elle baissa les yeux et serra plus fortement sa mère.

-         Alors voilà le fameux RCA ! Qu’elle est mignonne ! Qu’est-il arrivé à ses bras ?

-         Elle s’appelle Cheza.

-         Oui oui, aucune importance. Ses bras ?

-         Des trafiquants les lui ont pris.

-         Je vois…

-         Euh… Cheza ? Ce monsieur est médecin, il va s’occuper de toi !

Ingrid était déjà rongée de remords. Pourquoi faisait-elle ça ? Elle n’en était pas sûre elle-même. Elle ne voulait pas de problèmes… ou de poids.

-         Mmmh… Il n’y a plus rien à faire pour ces bras… Je vais baisser le montant… 

-         Ah…

-         Enfin… Voilà pour vous. Je repasserai plus tard, d’accord ?

Le professeur donna quelques pièces d’or à la femme, regarda de nouveau le robot et partit sans rien ajouter, sans un geste. Ingrid ne disait rien. Elle n’avait rien à dire ; elle savait que Cheza se doutait de quelque chose.

-         Maman, je t’aime.

Ce fut la goutte d’eau. Ingrid se laissa tomber sur le sol et pleura quelques secondes. La fillette s’approcha et la prit dans ses bras mais la mère repoussa la petite.

-         Non ! Va-t-en !

Cheza ne comprenait pas. Mais elle pensa qu’il était sage de laisser sa maîtresse seule. Alors elle sortit. Dehors, rien n’avait changé. Toujours autant de gens sur les trottoirs. La milice croisait le RCA blessé et l’ignorait. Elle courut se réfugier dans une petite ruelle sale et s’assit par terre. Un petit garçon passa devant elle et s’arrêta. Un RCA, un étrange RCA ; ses yeux ne brillaient pas de la même manière que ses semblables. Il regarda Cheza et lui adressa la parole.

-         Eh ! Salut toi. Tu… Tu es un robot ?

-         Euh… Oui.

La petite de métal rougissait. C’était la première fois que quelqu’un qui n’était pas son maître lui parlait de son propre chef, pour la connaître, pour discuter.

-         Je suis Kalan. Et toi c’est quoi ton nom ?

-         Je… euh… Je m’appelle Cheza.

-         Cheza ! Alors c’est bien toi qui m’appelais !

-         Quoi ? Moi… je t’ai appelé ?

-         Mais oui ! Depuis ma création au laboratoire je t’entends ! C’est pour te retrouver que je me suis enfuis !

-         Enfui ? Pour moi ? Je… Je ne comprends pas tout je crois.

-         En même temps tu es juste un robot… Tu ne peux pas tout comprendre…

-         Qu’est-ce que tu veux dire ?! Bien sûr que si je comprends tout !

-         Alors tu devrais comprendre que tu n’es qu’un robot… Tu n’as pas ce que les humains appellent l’existence…

-         L’existence…

Le robot n’eut pas le temps de réfléchir plus longtemps. Des robots de la milice l’avaient repéré. Le garçon attrapa Cheza et l’emmena avec lui, en courant vers un mur qu’ils franchirent pour retomber de l’autre côté. La milice les poursuivait toujours, sautant eux aussi par-dessus les obstacles. Les deux enfants se retrouvèrent dans la rue principale, bondée d’humains. Ils couraient, regardant de temps en temps derrière eux la milice qui les pourchassait toujours. Arrêtant leur course, un homme les attrapa et les fit entrer dans un bar. La milice continuait de courir, dorénavant seule. Kalan et Cheza regardèrent le visage de leur sauveur, mais celui-ci avait déjà disparu.

Les deux robots attendirent deux heures dans le pub, le temps que la mémoire de la milice soit renouvelée. Puis ils sortirent du bistrot et se regardèrent les yeux dans les yeux.

-         Je dois partir Kalan. Ma maîtresse m’attend.

-         Attends ! Ne pars pas alors que je viens enfinde te trouver !

-         Je suis désolée. Je te promets de revenir te voir.

Cheza remonta la rue, le circuit plein de questionnements. Qui était ce robot ? D’où la connaissait-il ? Pourquoi la recherchait-il ? Ces réponses elle ne les aurait pas tout de suite. Elle devait retourner vers sa mère ; quelque chose n’allait pas.

Ingrid faisait les cent pas dans l’appartement. Elle s’inquiétait pour sa fille, elle était si naïve. Il était tellement facile de la manipuler et de faire d’elle tout ce qu’on voulait. Le robot arriva enfin, subissant l’étreinte de la femme.

-         Où étais-tu ? J’étais tellement inquiète !

-         J’ai rencontré un robot comme moi ! Kalan ! Il me connaissait déjà, il a dit que je l’appelais. Et puis après on s’est fait poursuivre par la milice et y’a un monsieur qui nous a sauvés !

-         Kalan ? Et d’où te connaissait-il ?

-         Je sais pas. Il s’est enfui de son laboratoire pour me retrouver. Mais je ne sais pas pourquoi.

-         D’accord. Nous verrons ça plus tard. J’espère que ce n’est pas de nouveau des trafiquants qui sont derrière ça…

-         Dis maman ? Est-ce que… Est-ce que j’existe ? Je suis là, je cherche à vivre et à être heureuse mais au fond ai-je vraiment une âme ? Est-ce qu’un robot fait de fer et d’acier peut lui aussi vivre comme les humains ?

-        

-         Maman ? Pourquoi tu ne dis rien ?

-         Cheza… Demain il te faudra partir à la décharge… Je suis désolée mais tu n’as plu ton utilité ici depuis… depuis que tu as perdu l’usage de tes bras…

-         Ma… Maman ?! Mais pourquoi ?! Tu m’avais dit… que tu m’aimais !

-         Tu restes un robot, un objet troqué. Si tu ne sers plus à rien sans tes bras, je n’ai plus besoin de te garder.

-         C’est le monsieur qui t’a donné des pièces hein ? C’est ça ?

-        

Ingrid entra dans sa chambre et se coucha sans se changer. Elle était fatiguée. Fatiguée de se poser tant de questions. « Depuis que j’ai cette petite, pensa-t-elle, je remets tout en question. Se poser trop de questions peut être mortel. Alors désolée Cheza, je fais ça pour ma propre survie. ». L’enfant était restée devant le canapé, ne sachant que faire. Si elle avait eu ses deux bras elle aurait préparé un café à sa maîtresse. Cette dernière avait raison, sans ses membres elle ne servait à rien.

Pour la première fois, Cheza s’endormit. Elle se retrouva dans une prairie cernée de forêts, elles-mêmes entourées de montagnes. Le robot marcha dans l’étendue d’herbe jusqu’à trouver une cabane de bois. La porte émit un grincement sonore en s’ouvrant.

Par Gomel - Publié dans : Paradis perdu
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 10 août 2007

Au bout de quelques heures, l’ange gardien était retourné auprès de son protégé. Elle l’observait de son arbre, à travers la fenêtre de la salle de classe. Il était concentré sur une feuille blanche sur laquelle il avait entouré des phrases au crayon à papier. Il était bon élève ; il participait beaucoup, travaillait énormément, toujours penché sur ses classeurs. Rory admirait vraiment l’application qu’il mettait à ses études et l’ambition qui l’habitait. S’il n’avait pas été choisi, il aurait fait une brillante carrière ; il était très intelligent et savait se débrouiller pour être dans les bonnes grâces. Il était aimé d’un grand nombre d’individus. Mais la seule personne qu’il aimait ici était cet autre étudiant, Gus.

La sonnerie de la fac retentit, avertissant les élèves de la fin des cours. Serens sortit quelques minutes plus tard, ne remarquant pas Rory, à demi cachée par un arbre. Celle-ci vint à la rencontre du jeune homme.

« Alors c’est bon on a fini de bosser ? T’es sérieux dis-moi ! Trop sérieux… Tu devrais te détacher de tes études, et de ton ami aussi…

- Pourquoi ? Ça te gêne autant que ça que j’aille travailler ?

- Non. Disons simplement qu’un autre avenir t’attend…

- De quoi tu parles ? Tu ne m’as toujours pas dit pourquoi tu me protèges ! Dis-moi maintenant !

- Je ne t’ai jamais dit que j’allais t’en parler. Ça ne te regarde pas, c’est mon affaire. Alors tais-toi et profite de la situation pour faire ce qu’il te plaira… Tuer ou torturer des gens par exemple… 

- Mais bien sûr que si ça me regarde ! C’est de moi qu’il est question, non ? Alors explique-moi !

- Non. »

Serens et Rory marchèrent un petit moment et arrivèrent devant la maison de l’étudiant. Ce dernier ouvrit la porte et fit entrer son ange gardien.

« Ton ami ne nous a pas accompagné jusque chez toi ?

- Non, je lui ai dit de te lâcher. »

Cette fois ce fut la guerrière qui se tut. Elle s’installa sur le canapé, devant la télévision. Cette étrange machine l’avait fascinée. Comment des humains avaient-ils pu devenir aussi petits pour pouvoir entrer dans cette boîte noire ? Elle ne trouverait sans doute jamais la réponse, alors elle observait les images qui défilaient. Parfois même elle riait en voyant un chat se faire avoir par un petit oiseau. Mais jamais elle ne pleurait, elle en aurait trop honte, elle, déesse des Enfers. Pendant ce temps, le garçon était allé se préparer un thé. Il savait que sa protectrice ne buvait ni mangeait quoi que ce soit, alors il ne lui proposa rien.

            La sonnette retentit. Reposant sa tasse, Serens partit ouvrir. Rory n’était pas loin, surveillant l’arrivée de l’étranger. La porte ouverte laissa découvrir Gus, un bouquet de fleurs à la main.

            « Rory, mon amour ! Offre-moi tes lèvres, et voilà pour toi ces quelques fleurs ! Nous sommes destinés l’un à l’autre ! Tu es ma moitié, mon âme sœur, ma bulle ! Aime-moi ! Désire-moi !

            - Ce type est taré… Ferme la porte Serens, tu laisses entrer l’air froid ! »

Mais avant qu’il n’ait pu faire quoique ce soit, Gus se précipita à l’intérieur et se jeta aux pieds de Rory.

« Mais pourquoi ? Pourquoi m’ignorer ? Pourquoi refouler tes sentiments envers moi ?

- Serens, fais-le partir ou je m’en occupe personnellement. »

Le garçon obéit. Il attrapa son ami par le col, le traîna dehors et referma la porte. Rory regardait le ciel noir par la fenêtre, les bras croisés. Ses yeux s’étaient adoucis. Elle semblait réfléchir.

« Tu sembles pensive… C’est Gus qui t’ennuie ? Si tu veux je peux m’arranger pour qu’il ne revienne plus.

- Depuis quand tu te montres aimable avec moi ?

- Depuis que j’ai compris que tu étais humaine. »

Rory tourna la tête vers le garçon, l’œil noir. Elle descendit de son perchoir et passa à côté de Serens.

« Ne me rabaisse jamais à votre niveau. »

Elle continua son chemin, se dirigeant vers la porte afin de prendre un peu l’air. Elle avait un air plus pensif qu'agacé.

Une heure plus tard, Rory revint. Son protégé l’attendait. Rassuré, il prit sa douche et se coucha. La guerrière quant à elle s’assit sur le bureau, le dos appuyé contre le mur, son sabre entre ses mains, puis ferma ses yeux.

 

            « Aujourd’hui Rory, je vais te faire découvrir quelque chose que tu vas adorer ! Je suis persuadé que ça va t’amuser ! »

            Rory ouvrit ses paupières. Il était huit heures du matin. Le samedi, Serens ne travaillait pas. Il avait l’air enjoué, comme s’il avait trouvé l’idée du siècle.

            « Mais qu’est-ce que tu racontes… Je ne suis pas venue ici pour « m’amuser » mais pour te protéger…

            - Quoique tu dises je sais que ça va te plaire ! »

            Serens ouvrit la porte et fit passer sa gardienne, puis sortit à son tour. Une fois la maison verrouillée ils marchèrent jusqu’à un arrêt de bus, tous deux silencieux. Dans le véhicule le garçon réfléchissait. Il aurait voulu poser une question à la guerrière mais il n’osait pas, redoutant une réaction violente et excessive. Mais il prit son courage à deux mains et se jeta à l’eau.

            « Rory… Il y a une question que j’aurais aimé te poser… J’y pense depuis un moment déjà et ça me taraude l’esprit…

            - Parle, je t’écoute.

            - Tes parents… Que sont-ils devenus ? »

            L’ange gardien ne répondit pas de suite. Elle se remémorait d’abord ses souvenirs, triant ceux qu’elle acceptait de dire et ceux qu’elle voulait garder pour elle. Après un long silence gêné elle prit enfin la parole, pesant chacun de ses mots.

            « Ils sont morts. Depuis plus de dix ans maintenant. J’avais sept ans lorsque c’est arrivé, peu avant que je devienne… ce que je suis à présent. 

            - Comment c’est arrivé ? Ils ont été assassinés ?

            - Non. Un accident. Je ne me rappelle plus comment ça s’est produit. »

            La vérité était toute autre. Rory savait parfaitement ce qui était arrivé à ses parents. Et ce n’était pas dans un accident qu’ils avaient péris. Ils avaient bel et bien été tués. Elle vivait alors en Inde avec sa famille. Des hommes étaient entrés dans la maison, armés. Elle, elle s’était cachée dans un placard, tandis que ses parents étaient allés affronter l’ennemi. Quand elle sortit de son refuge, elle vit sa mère et son père, tous deux pendus, côte à côte. Elle n’avait pas oublié cette image, cette dernière image de sa vie d’enfant. Ses parents se balançaient au bout d’une corde, au-dessus de la table en bois. Des filets de sang coulaient le long de leur corps et s’écroulaient sur le buffet puis sur le plancher. Leur peau était pâle, leurs bras pendaient contre leurs côtes et leur cœur ne battait plus. Ils s’étaient défendus ensemble, ils avaient souffert ensemble et ils étaient morts ensemble. Ils avaient été libérés, à présent ils pouvaient se reposer. Mais ils n’avaient pas réussi à protéger leurs enfants. Car, alors que Rory regardait ses parents, hurlant et pleurant de rage, les hommes qui avaient fait cela l’attrapèrent elle et son frère. Depuis, elle n’eut plus aucune nouvelle du seul survivant de sa famille. Elle fut ensuite emmenée avec d’autres enfants et elle devint une âme au service de Satan.

            Le bus s’arrêta et Serens et sa compagne descendirent. Ils étaient arrivés à destination, devant un grand parc d’attraction.

            « Qu’est-ce que c’est que ça ?

            - C’est un parc d’attraction. C’est un endroit où les gens, les humains, s’amusent. On va commencer par la grande roue. C’est mon attraction préférée ! »

            Rory et son protégé avancèrent dans le parc, au milieu des stands, des barbes à papa et des enfants. La gardienne n’était pas très rassurée, entourée par cette foule. Elle n’aimait pas être cernée par tant de personnes, redoutant que quelqu’un ose la toucher, elle qui ne supportait pas le contact avec les autres. Serens lui souriait, heureux.

            Lorsqu’ils arrivèrent au pied du manège la guerrière fut effrayée. Elle n’avait jamais vu pareille attraction.

            « Une roue géante qui tourne ? C’est ça qui t’amuse ?

            - Oui ! Et après on ira au palais des glaces ! Et puis dans la maison fantôme aussi !

            - Mais quel gamin…

            - Non… Humain. Ici tout le monde s’amuse !

            - Si tu le dis »

            Serens se mit à rire, faisant rougir Rory, puis monta dans l’une des cabines de l’attraction. La guerrière pâlissait.

            « Je ne monterai pas là-dedans ! Vas-y tout seul ! Moi je t’attends là !

            - Pourquoi ? Tu aurais peur ? »

            La provocation fit réagir la gardienne qui grimpa elle aussi et s’installa aux côtés du garçon. La roue démarra. La vitesse n’impressionna pas Rory, mais la hauteur si. Elle était à plus de dix mètres du sol, peut-être même à plus de quinze mètres.

            Après quelques minutes sur la roue, le garçon et sa gardienne descendirent de l’attraction. Serens sourit et regarda son amie. Elle fixait le sol, heureuse de le retrouver. L’adolescent se mit à rire, ce qui irrita Rory.

            « C’est pas drôle. Mais alors pas drôle du tout !

            - Tu vas y survivre ?

            - Ne te moque pas ! »

            Serens ria de plus belle. Il se mit en marche vers la maison fantôme, suivi de près par son ange gardien. Cette dernière scrutait les alentours. Ils arrivèrent devant l’attraction suivante lorsque des cris retentirent. La guerrière, par réflexe, se plaça devant son protégé. Un homme arriva devant elle, grand, les cheveux noirs, un sabre à la main. Il riait.

            « Tu dois être Rory je suppose ! On m’avait informé pour toi, que le garçon était gardé de près. J’ai donc pris mes précautions… »

            L’intrus dévoila ce qu’il avait pris soin de prendre avec lui ; une fille, dans la vingtaine, un peu moins peut-être. La guerrière observa la gamine et s’esclaffa.

            « Tu crois vraiment que la vie de cette fille m’intéresse ! Ce n’est qu’une humaine ! Je me fiche totalement de sa survie ! Ce n’est qu’une proie parmi d’autres pour moi !

            - Tu es sûre ? Observe-la bien… Tu ne la connais pas ? »

            Rory dévisagea la fille. Elle avait de courts cheveux blonds et des yeux verts. Ses lèvres tremblantes trahissaient sa peur. Elle n’était pas bien grande et elle était mince. La guerrière écarquilla ses yeux, la bouche ouverte. Elle reconnaissait ce petit être en face d’elle. Les souvenirs envahirent sa tête. Profitant de l’occasion, son ennemi se jeta sur elle et planta son arme dans son ventre, la transperçant de part et d’autre de son corps. Serens pâlit. Il pensait que jamais personne ne pourrait tuer sa gardienne. L’otage poussa un cri, se voyant condamnée.

Par Gomel - Publié dans : Rory
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 9 août 2007
Je voudrais faire de la publicité pour une amie, une artiste, douée de ses mains. 
Je n'ai pas grand chose à dire là-dessus, le mieux serait de vous le montrer pour que vous vous fassiez vous-même une impression. 

www.pumpkingarden.deviantart.com 

Merci à vous de lui rendre une petite visite, le jeu en vaut la chandelle ! 


Ganiede-by-PumpkinGarden.jpg

Par Gomel - Publié dans : Poésie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 8 août 2007

            Dans un bâtiment, des robots faisaient la queue, accompagnés de leur maître humain. Parmi les RCA, une petite fille de métal attendait, tenant la main de sa maîtresse, l’air innocent, l’air triste. Puis vint son tour de se présenter à la femme derrière la vitre.

« Cheza. Date de fabrication : le 23 avril 2091. Numéro de série : 3A825H. Origine cœur : ID 8546. Maître humain : Ingrid DE LA BOHEME.

-         Bien. Voici votre permis de circuler. Suivant !

Cheza s’empara de la carte magnétique et, toujours accompagnée de sa maîtresse, sortit du bâtiment bleu.

-         Maman ? Je pourrais sortir faire les courses maintenant ?

-         Oui. Cette carte contient deux puces. L’une décline ton identité et l’autre sert à te repérer si l’on te perd. Avec ça tu peux être tranquille, on ne te touchera pas. Et moi je n’aurai plus de problèmes.

-         Des problèmes ? A cause de moi ?

-         Oui. Tu n’étais pas répertoriée et je t’ai troquée illégalement. Si la milice nous avait remarquées, j’aurais eu de graves ennuis.

-         Pardon. »

La femme s’arrêta, surprise, dévisagea son robot et finalement haussa les épaules.

« J’imagine que ce sentiment est programmé dans ta puce. »

Cheza regardait dans le vide, sans émotions apparentes. Malgré le déguisement humain, l’expression de ses yeux égalait celui d’un simple robot. Etrangement, elle semblait réfléchir.

« Une puce comme dans la carte… Maman ? Je suis comme la carte ?

-         Bien sûr que non. Disons simplement que tu as une intelligence artificielle qui fonctionne grâce à une puce similaire à celle d’une carte. Mais la tienne est bien plus élevée.

-         Maman ? Pourquoi le plafond est à aussi basse température ? Je ressens comme un froid.

-         A cause de la neige toxique.

-         La nei…

-         Tu es un robot ! Alors arrête d’essayer de penser et de réfléchir, ça te ferait griller ton circuit !

-         Un robot… »

Ingrid prit un air exaspéré et préféra ignorer. Ce RCA lui paraissait plus émotionnel que la majorité des robots. Elle aurait dû acheter légalement un robot. Cela lui serait revenu plus cher mais aurait été plus sûr.

Le jour où elle avait acheté Cheza, ou plutôt troquée, Ingrid venait de perdre sa sœur cadette, morte dans un accident de voiture ; son petit copain avait voulu l’impressionner et l’a finalement tuée au cours d’une course automobile. Lui en était sortit quasiment indemne ; il avait simplement perdu sa jambe. Mais il n’était pas rare de voir des humains avec des bras ou des jambes bioniques, les accidents arrivaient souvent, surtout depuis l’apparition des pluies toxiques. Celles-ci faisaient fondre littéralement toute chair qu’elles touchaient ; tout comme il existait les neiges toxiques. D’ailleurs il neigeait le jour de la rencontre entre Cheza et Ingrid. Cette dernière avait récupéré le corps de sa sœur et l’avait apporté à un vendeur. Il lui avait proposé en échange plusieurs RCA, tous d’âge et de physionomie différentes. Mais la femme avait été touchée par le regard si triste et implorant de Cheza. Maintenant, le corps de la sœur cadette était déclaré comme disparu, et si, par hasard, il était retrouvé, Ingrid empocherait une gros somme d’argent pour avoir attendu aussi longtemps le résultat des recherches. Ce troc lui avait donc était en tout point profitable. Elle ne pourrait pas le regretter.

 

            La femme et la gamine marchèrent dans les rues, croisant quelques fois la milice. Au bout d’une demi-heure elles arrivèrent devant un immense immeuble, devant lequel une plaque noir était cloutée. Ingrid prit la main du robot, l’emmena avec elle sur le tapis et sortit une carte d’identité magnétique. Le tapis brilla comme un néon blanc et les deux personnages disparurent. En quelques secondes elles avaient été téléportées dans un appartement aux murs gris. Il y avait quatre pièces. La pièce centrale était pourvue d’un canapé, d’un écran et était décorée d’un grand tapis bordeaux. La cuisine comportait une petite table et quatre chaises, un réfrigérateur et quelques robots sans cœur et sans âme. La salle de bain ne présentait pas un très grand intérêt, semblable aux salles de bains de la Première Terre. Enfin, la chambre d’Ingrid, recouverte de coussins gris, ne comportait qu’un lit et un miroir. La grande brune se laissa tomber sur le canapé, tandis que la fillette l’observait.

« J’aurais dû réfléchir plus longuement avant de prendre la décision de te prendre… Pourquoi tu me fixes comme ça ?!

-         J’attends.

-         Et tu attends quoi ?

-         Les ordres.

-         Quels ordres ?

-         J’attends que tu me dises ce que je dois faire.

-         Et bien assieds-toi, ne reste pas perchée sur tes pattes. »

Cheza s’assit sur le canapé, tout en continuant d’observer sa maîtresse.

« Et maintenant maman ?

-         Oh la la… Je vais en baver c’est sûr. Et… pourquoi tu m’appelles « maman » ? Je ne suis pas ta mère ! Tu devrais m’appeler « madame » et me vouvoyer !

-         Bien madame ! Comme vous voudrez !

-         C’est rassurant… elle obéit bêtement à ce que je dis. Laisse tomber, oublie cet ordre. Je vais me faire un café, ne fais pas de conneries ! Attends… T’es pas mon gosse. Va me faire un café !

-         Oui maman !

           Ingrid plongea désespérément sa tête entre ses mains. Elle avait pris un RCA dans le seul but de se sentir moins seule. Elle aurait dû acheter un robot de compagnie, un robot qui n’était pas capable de réfléchir. Elle prit la télécommande et alluma l’écran sur le mur. C’était une rediffusion du discours du ministre de l’histoire lors de la célébration du 11 septembre cette année.

Par Gomel - Publié dans : Paradis perdu
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 8 août 2007

            Les rues d’Alcatraz étaient éclairées, comme toujours, par les néons suspendus au toit de métal noir. Une lune peinte souriait aux habitants qui marchaient sur les trottoirs sales. Sur l’écran géant, le journal donnait le bilan de l’écroulement du secteur sept : une centaine de morts et des millions de dollars de dégâts. Le maire de la ville allait augmenter les taxes de réparation encore une fois. Les citadins devraient donner leurs cristaux pour payer une faute qu’ils n’avaient pas commise. La milice patrouillait les rues, à la recherche de criminels. Cette police des villes était constituée de robots. Des intelligences artificielles, sans cœur et sans âme. Quand ils étaient là, il était vital de ne pas paraître suspect. Mais parmi les êtres humains étaient d’autres intelligences artificielles ; les RCA. Ils avaient une apparence humaine et possédaient un semblant de cœur et d’âme insufflés dans leur puce électronique. Généralement ils étaient là pour servir l’homme, mais il arrivait parfois qu’un robot se mette à penser comme un humain…

Par Gomel - Publié dans : Paradis perdu
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus