[Désolée pour le retard, j'étais partie en camping pendant une semaine. Mais maintenant je
suis revenue avec de nouveaux articles !]
Serens avait mis le réveil à six heures. La mélodie était douce et le réveilla avec délicatesse. Quand il ouvrit les yeux, il
sursauta en voyant la gardienne. Elle n’avait pas bougé. Elle était toujours assise sur le bureau, les yeux ouverts.
« Alors on se fait une petite frayeur ?
- Je n’ai pas vraiment l’habitude de me réveiller avec un garde du corps en face des yeux.
- Il va falloir t’y faire…
- Une fois habillé j’irai travailler à la fac. Tu m’attendras ici.
- Tu rêves ! Je dois te protéger. Et ce n’est pas en restant ici que j’accomplirai mon devoir. »
L’étudiant prit un air consterné et s’en alla dans la salle de bains. Quelques minutes plus tard il en revint, prit son sac à dos et quitta la maison, son gardien à ses côtés. Après avoir marché quelques minutes, il s’arrêta. Un garçon apparut devant une des maisons en face et fit un signe de la main. Il approcha rapidement et les trois adolescents continuèrent leur chemin ensemble.
« Tu ne me présentes pas la demoiselle qui t’accompagne ?
- Pourquoi ? Elle n’est pas ici pour longtemps, alors ça n’a aucune importance…
- Parle pour toi ! Moi quand je vois une femme aussi belle je l’ignore pas ! Surtout si elle ne reste que quelques jours !
- D’accord… Elle s’appelle Rory. C’est mon garde du corps.
- Garde du corps ? Tu joues sur les mots !
- Tss…
- Rory… Ne voudrais-tu pas me protéger moi ? Lui ne le mérite pas. »
La protectrice, qui jusque là regardait dans le vide, tourna la tête vers le nouveau venu, l’ayant à peine entendu.
« Ce n’est pas de par ma volonté que je le protège. Je ne fais pas de bénévolat, alors démerde-toi !
- Tu es perfection, laisse-moi t’aimer ! »
Le garçon se jeta à genoux au-devant de la gardienne, lui prit la main et commença à la baiser. Mais le sabre satanique était déjà sur sa gorge.
« Il est formellement interdit de me toucher ! Si tu n’étais pas un ami précieux de mon protégé je te viderais de tes tripes !
- Gus, laisse-la, elle ne plaisante pas. »
Suivant le conseil, il s’éloigna de Rory. Mais au lieu de se relever il commença à formuler un poème.
« Sens-tu mon cœur qui bat ?
C’est pour toi qu’il fait cela.
Si un jour tu devais t’en aller
Pour toujours il s’arrêterait…
- Je t’attends à la fac Serens. Tu n’auras pas besoin de ma protection. Avec ça aux basques, personne ne t’approchera. »
D’un bond, Rory monta sur un toit avoisinant et partit dans la direction de l’université, laissant les deux garçons seuls.
« Gus, t’es con. »
Serens et son ami reprirent leur marche. Une fois arrivé à la fac, le jeune homme ne vit pas sa protectrice. Elle devait se cacher quelque part, l’observant de ses yeux tristes. L’heure obligeant, le garçon partit dans sa salle de cours.
« Je n’ai pas besoin de le surveiller ici… Il n’est pas en danger, il y a trop de monde… »
Rory s’éloigna de cet endroit empli de jeunes étudiants, croisant quelques fois des regards qui voulaient l’inviter à dîner mais toujours trop timides, ou effrayés peut-être, pour pouvoir lui adresser la parole. Elle grimpa sur un toit et s’en alla, de maison en maison, à la recherche d’un lieu calme.

