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Mardi 26 juin 2007
Une blessure assassine frappée par l'innocente victime. Innocente ? Non. Elle s'est elle-même meurtrie par une lame froide, vengeant sur sa peau quelques larmes perdues.
Avant de se voir vidée de son sang, elle avait gravé sur son poignet des lettres et des chiffres à ses yeux symboliques. Au poignet sur la veine mortelle car c'est eux qui sont lame véritable.
Son ombre déjà vacillait et ses yeux toujours humides se fermaient. Sa peau lentement devenait marbre et son sang doucement se répandait.
A genoux, les mains à terre, elle versait ses éternelles larmes un peu rougies, la peur au ventre, la rage au coeur...
 
Par Gomel - Publié dans : Récits courts
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Mardi 26 juin 2007
Sur la balançoire une ombre absente. Autrefois, elle venait jouer là tous les samedis. Mais depuis qu'elle n'est plus là, le jardin reste vide, juste empli de bouquets de roses qui avaient poussés depuis son départ. Elle avait dans ses cheveux blonds quelques fines tresses dorées. Elle souriait toujours, se balançant d'avant en arrière. Moi, je l'observaisde la fenêtre de ma chambre. Cela me réchauffait le coeur. Mon si vieux coeur.
J'aurais dû mourir avant elle, moi, sa grand-mère. Elle n'avait qu'une dizaine d'années. A l'heure où elle venait, mes lèvres ridées esquissaient un sourire. Lui, son grand-père, était heureux quand elle était là. Depuis qu'elle a perdu la vie, il reste enferméderrière des barreaux d'argent. Peut-être qu'elle aurait pu continuer à sourire... s'il ne l'avait pas violée... 
Par Gomel - Publié dans : Récits courts
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Mercredi 27 juin 2007
Ses yeux blancs n'avaient jamais vu le soleil. La réalité, elle se l'était créée elle-même, dans sa tête. Sur un fond noir elle posait des images qui reflétaient ce que ses mains touchaient. Ses doigts en étudiaient les formes, les perspectives. Elle rajoutait ensuite des couleurs à son goût, créant un objet à ses yeux parfait. On pouvait la considérer artiste, elle qui dessinait à ses envies ce qu'elle croisait.

[...]

Une larme glissa sur sa joue, laissant une légère trace argentée sur son passage. Ses lèvres frémissaient un peu et ses mains tremblaient. Elle ne voulait pas rentrer chez elle. Alors qu'elle marchait, son souffle se faisait de plus en plus précipité. Elle s'arrêta, appuyée contre un mur, et vomit. Elle se vidait de toutes ses forces. Elle se laissa tomber à terre, le dos au rempart. Les pleurs qui en avaient la force se jetèrent dans le vide, abandonnant l'enfant. Elle était seule, assise au bord d'une ruelle, pâle, triste, apeurée.
Elle resta ainsi pendant toute une heure. Puis une femme vint à sa rencontre. Elle devait avoir une trentaine d'années. Sa voix était claire, un peu enrouée par la cigarette.
« Bonjour petite fille ! Tu es seule ? Où sont tes parents ? »
Anha ne voulait pas regarder dans la direction de la nouvelle venue, de crainte qu'elle ne remarque sa cécité.
« Mon papa je sais pas où il est. Et ma maman est à la maison. Je suis partie parce que je ne voulais pas la revoir.
- Tu vas attraper froid si tu restes là. Et puis tu as l'air malade. Viens avec moi, je vais te donner à manger, tu dois avoir faim. »
L'enfant ne savait pas comment elle devait réagir. Après tout, cette femme était une inconnue. Mais la gamine frissonnait - elle n'avait pas de manteau sur elle - et son ventre se plaignait. Finalement elle se leva et regarda dans la direction d'où provenait la voix.
« Ma pauvre petite... Tu es aveugle ? Attends, je vais t'aider. »
La femme prit le bras d'Anha et se mit à marcher doucement. La petite sentait son regard sur son visage, sur ses yeux. Alors elle les ferma et entra dans son monde.

[...]

Anha s'approcha de son paquet et le prit entre ses mains, délimitant les arêtes de ses doigts. Elle défit le nœud et déchira délicatement le papier cadeau.
« Joyeux noël ma fille !
- Merci maman. C'est... »
L'enfant retournait l'objet entre ses mains afin de déterminer ce que c'était. Une boîte en bois. Elle trouva le petit morceau de métal qui en permettait l'ouverture. Une douce musique s'échappa dans la pièce. Anha toucha l'intérieur. Une figurine, une danseuse, tournait, les bras se joignant au-dessus de sa tête.
« Elle porte une robe rouge. Rouge comme ses lèvres, comme l'amour.
- Anha... Sa robe est bleue et ses lèvres sont roses.
- Pas pour mes yeux.
- Tes yeux ne voient pas la réalité ! Ne sois pas naïve ! La réalité n'est pas comme tu l'imagines ! »
La jeune fille referma la boîte, coupant brusquement la mélodie, tandis que sa mère s'en allait dans la cuisine. Anha laissa couler une larme et força les autres à rester en elle. Les pleurs de tristesse, elle les imaginait d'argent, ceux de joie en or. Elle savait qu'en réalité elles n'avaient pas de couleur mais elle voulait vivre dans son monde, celui de sa mère était trop cruel. 
Par Gomel - Publié dans : Récits courts
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Mercredi 27 juin 2007
Les doigts rongés elle effaçait sa culpabilité. Ou sa peine peut-être... Elle ne le savait pas... C'était plus fort qu'elle... Se meurtrir la peau quand le coeur est lourd... Une compensation ? Peut-être, qui sait...
La petite fille qui voulait savoir autrefois... Elle s'est tue maintenant... Elle n'aurait pas dû demander... Elle n'aurait pas dû se souvenir... Mais le mal est fait... Sa peau torturée... Sur son pouce une profonde plaie rouge voulait cicatriser... Mais elle la réouvrait toujours... 
Par Gomel - Publié dans : Récits courts
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Mercredi 15 août 2007

            Il était une fois un petit lapin blanc. Il n’avait ni père ni mère le pauvre orphelin. Il avait perdu tous ses amis le pauvre enfant. En fait, il n’avait plus rien. Alors pourquoi vivait-il encore ? Tout simplement parce qu’il espérait. Il espérait qu’il serait un jour libéré de cette malédiction qui le poursuivait.

            Un jour que le petit lapin blanc trottinait dans l’herbe, une fumée fut émise du centre de la forêt. Chacun des petits animaux qui habitaient la forêt fut mis en garde par leurs parents. Seulement le petit lapin blanc n’avait personne pour lui apprendre le bien et le mal, la sécurité et le danger, alors il s’avança, curieux, vers le centre de la forêt.

Peu de temps après il arriva devant un camp humain où l’on brûlait un feu. Une odeur de nourriture se proférait d’une boîte grise et brillante, trouée. Le petit lapin blanc, qui avait un peu faim, s’avança doucement vers la boîte et y entra. En un éclair tout devint noir dans un bruit sec. Le lapin mangea les graines et sentit la fatigue le gagner. Il s’allongea, ferma les yeux et salua ses parents d’une affectueuse caresse.

Par Gomel - Publié dans : Récits courts
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Jeudi 16 août 2007

            Ici tout était champ de ruines et désolation. Des corps et du sang s’entassaient sur le tapis autrefois vert, maintenant noir. La seule pâquerette encore en vie regardait tristement ses sœurs mortes. Le ciel faisait rage, criant contre nos meurtres et nos péchés. La guerre avait détruit l’honneur de nos troupes et la fraternité de nos hommes.

            Chacun courait parmi les troupeaux mêlés pour assassiner, égorger, éventrer, massacrer les ennemis. Plus nous tirions et plus nous répandions le deuil. Et lorsqu’un poltron tentait de s’échapper, un soldat, allié ou adversaire, l’abattait à côté de ses frères.

            Puis au bout de quelques jours, lorsque la bataille vit sa fin approcher, il ne resta plus que de pauvres petits groupes d’acharnés, utilisant leurs dernières forces pour essayer de gagner cette maudite guerre déjà perdue. Et ce fut à cet instant que je vis une lumière percer les ténèbres. Etait-ce un ange ? Non ; le flou prenait toute autre forme. La mort ? Impossible ; la créature devant moi était vêtue de blanc. Mais qui, qui cela pouvait-il être ? Je crus tout d’abord à une hallucination, mais non, chacun de nous voyait cette créature. Je crois… je crois que ce fut la peur en personne.

Les valeureux soldats se mirent à fuir, de peur sans doute, en hurlant, bousculant ceux qui leur barraient le chemin. Maintenant la guerre était oubliée, nous étions tous les mêmes, tous de la même valeur. Nous étions prêts à sacrifier n’importe qui pour nous permettre de survivre, autant nos alliés que nos adversaires. Nous ne faisions plus aucune différence entre nous. Maintenant chacun devait se débrouiller seul, il n’y aurait ni héros ni lâches. Nous devions courir sans réfléchir, piétiner les plus lents, frapper les plus faibles, pour nous enfuir. La folie de peur avait pris possession de chacun de nous.

            Les soldats devant moi disparaissaient. Que se passait-il encore ? Quand vint mon tour je compris. Une crevasse s’élevait devant mon corps et je ne pus freiner à temps, puni de mes crimes.

Par Gomel - Publié dans : Récits courts
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Samedi 18 août 2007

Seule dans un coin, elle souriait.

Seule dans son coin, elle pleurait.

Parfois des rires, parfois des larmes.

Le paradoxe de tout être.

Un jour heureux, un jour triste.

Elle aussi elle était comme les autres, à peu de choses près. Ce qui faisait sa différence c’était ces voix qu’elle entendait. Parfois elle dialoguait avec ces êtres invisibles. Elle demandait les nouvelles d’une mère qu’elle n’avait pas connue. Avant, on la regardait sans la comprendre, maintenant on l’ignorait. Elle était toujours assise là, sur le trottoir en face de la librairie. Elle passait son temps à attendre un ange inconnu. Elle ne demandait rien, ni argent ni nourriture. Elle restait juste là à attendre.

Plusieurs années auparavant, un homme qui lui ressemblait l’avait laissée là, prétendant aller acheter un pain. Il était entré dans la boulangerie et n’en était jamais ressorti. Elle l’attendait toujours. Pourtant elle savait qu’il ne reviendrait pas mais elle n’avait rien d’autre à faire qu’attendre toute sa vie ce fantôme.

Holly n’avait encore que 17 ans mais elle avait déjà tout vu dans cette rue où elle attendait.

Par Gomel - Publié dans : Récits courts
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Dimanche 19 août 2007

            Le jour le plus beau du printemps, une mère mit au monde une petite fille. Cette dernière avait grandi dans la joie et l’amour, aux côtés de son père et de sa mère. Elle faisait le bonheur de ses professeurs mais n’avait aucun ami.

            Elle avait le même rêve que toutes les filles de son âge : elle cherchait son Prince Charmant. Depuis toute petite elle entendait des histoires de fées et de princesses. Mais au lieu de les admirer elle jalousait ces êtres merveilleux.

            Un jour, l’enfant décida de trouver son preux chevalier. Elle avait appris qu’un bal avait lieu dans la ville, en l’honneur de l’anniversaire du prince. La fillette revêtit sa plus belle robe et enfila ses plus jolies chaussures. Elle se maquilla légèrement les yeux et coiffa ses longs cheveux blonds. Deux heures passèrent ; après quoi, elle se rendit au bal.

            Elle arriva devant un grand château. Elle s’approcha des immenses grilles de métal et salua élégamment le garde à l’entrée. Ce dernier parut surpris en la voyant ainsi et prit pitié pour cette pauvre rêveuse. Mais il la renvoya plus loin, forcé d’obéir aux ordres. Cependant la petite enfant voulait à tout prix entrer. Elle essaya alors de grimper sur la clôture, loin du gardien. Mais, arrivée en haut, elle tomba sur le trottoir.

            L’enfant ouvrit ses yeux. Elle était allongée sur son lit, au milieu de ses poupées. Son père était à côté d’elle, assis sur une chaise.

            « Tu n’es pas une princesse ma chérie… »

            Le lendemain, la petite fille ne perdit pas courage. Elle voulut préparer un poison ; pour cela elle prit tout ce qu’elle put trouver : De la nourriture périmée, des produits d’entretien, … Lorsque la mixture fut achevée, elle y trempa une pomme et l’engloutit tout entière. Une heure passée, la petite enfant était malade. Elle vomit à plusieurs reprises et resta couchée toute la soirée.

            Au matin, son père était à nouveau à son chevet, assis sur une chaise.

            « La vie n’est pas un conte de fées ma chérie… »

            Mais l’enfant était déterminée. Son prince charmant viendra l’éveiller d’un doux baiser. La petite fille rassembla un grand nombre de somnifères, et le soir, avant d’aller au lit, elle avala les comprimés avec un grand verre d’eau. Puis elle se coucha et ferma les yeux.

            Bien plus tard dans la nuit, une douce mélodie envahit la chambre. La petite enfant se leva et ouvrit la fenêtre. Le ciel avait revêtit un manteau noir sur lequel brillait un millier d’étoiles. La petite princesse fut alors emportée sur étalon blanc, entre les bras d’un mystérieux cavalier.

 

Moralité :

Alors que le bonheur est au bout de son nez

Il arrive parfois qu’il soit imperceptible.

Le prince est souvent plus proche qu’on ne le croyait

Et ne ressemble en rien à ce qu’il est dans sa bible.

Par Gomel - Publié dans : Récits courts
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Dimanche 19 août 2007

            Shikoku. Petite île du Japon. Sur cette terre vit un nombre impressionnant de personnes, et parmi elles une adolescente, Oizo. Cette dernière était assise contre un arbre, dans le parc de la résidence où elle vivait. Il devait être un peu plus de quinze heures lorsqu’un doux vent se mit à souffler. En une heure cependant la brise devint tempête. Oizo dût s’accrocher à un arbre pour ne pas s’envoler ; ses pieds ne touchaient plus le sol. Elle hurla jusqu’à ce que son père se rende compte de ce qu’il se passait. Il jeta alors une corde à sa fille, qui la manqua. Il leur fallut répéter l’opération une dizaine de fois avant que l’enfant n’arrive à l’attraper. Elle se hissa alors jusque dans son appartement, essoufflée.

            « Y’a du vent dehors, papa. »

            Oizo ne s’inquiéta pourtant pas de l’étrange météo et partit se coucher.

           

            Le lendemain matin, le réveil sonna et sortit de son sommeil l’adolescente. Celle-ci, furieuse, l’asséna d’un coup violent.

            « T’as tout gâché mon rêve, sapajou ! »

            La fenêtre du balcon était ouverte et l’appartement était vide. La fillette s’avança à l’extérieur et scruta l’horizon. Quelque chose manquait.

            « On a dû couper un arbre dans la nuit… »

            Son seul et unique demi-neurone, pris de pitié, lui souffla doucement à l’oreille :

            « Non, non. Personne n’a coupé d’arbres. Mais on ne voit plus l’île d’Honshu. Notre île s’est envolée avec le vent ! »

            Oizo n’en croyait pas ses oreilles. Elle s’apprêtait à rentrer quand elle entendit une voix grave l’appeler. Elle observa le ciel, d’où provenait le bruit, et aperçut son père en haut d’un arbre.

            « Papa ! Tu fais quoi là-haut ?

            - Un tennis !

            - Avec qui ? »

            Il était désespéré. Il aurait voulu demander une corde à sa fille mais avant qu’il n’ait pu lui parler une pie s’envola depuis les feuillages, surprenant l’homme, qui s’écrasa au sol.

            « Ben papa ! Relève-toi on a du boulot ! »

            De nouveau, Vodka, son demi-neurone, intervint pour lui expliquer que son père ne bougerait plus jamais.

            Elle décida alors d’aller regrouper tous les habitants de Shikoku pour tenter de retrouver leur chemin. Elle descendit de son immeuble et se plaça en plein milieu de la route, provoquant quelques accidents de voiture.

            « Ladies’n’gentlemen ! I want to prévenir you ! We have lost notre île voisine! We have to la retrouver ! We have to bouger ! Viva la revolución ! »

            Les gens s’étaient arrêtés pour écouter Oizo. Ils étaient tous stupéfaits par son trilinguisme. Puis, après un moment de réflexion, ils acclamèrent la jeune fille.

            «  Et pour commencer we have to destroy all the bâtiments ! Comme ça, in this way, nous aurons un champ de vision plus élargi, comme les chats ! »

            Ce qui fut dit fut fait. L’enfant devint le capitaine du navire. Elle avait fait installer des rames sur les deux côtés de l’île pour la faire avancer plus rapidement et dans le sens qu’elle souhaitait.

            Ils naviguaient depuis deux jours et n’avaient encore aperçu aucune terre. Un dreadeux, nommé adjudant chef par Oizo, partit voir son capitaine.

            « Capitaine, nous voudrions savoir où l’on nous mène. L’équipage est inquiet et veut savoir où aller. Depuis deux jours nous suivons le cours mais vous ne nous aidez pas à trouver la bonne voie. »

            Oui, le dreadeux était poète. Oui, les habitants de Shikoku étaient perdus. Oizo n’avait indiqué pour le moment aucune direction. Entendant cette complainte elle décida alors d’y mettre du sien.

            « Très bien ! A l’abordage ! Trente degrés à tribord ! Non ! A bâbord ! Non ! Redressez le mât ! Non ! Un cul-de-sac ! Oh ! Quelle perte d’orientation… »

            Elle bougeait dans tous les sens, allait de l’avant à l’arrière du « navire », ne dormait presque jamais, ne mangeait que très peu. Toute la journée et toute la nuit elle buvait du café. Trois jours plus tard ils étaient toujours au milieu de l’océan.

            Un marin affolé courut vers le capitaine, les bras ballottant de part et d’autre de son corps.

            « Capitaine ! Nous ne trouvons plus votre mère !

            - Pas d’affolement, tout est sous contrôle, elle a voulu chercher des abeilles dans le creux de l’arbre parce qu’elles ne sont pas venues dans sa ruche. Jalouse, elle a voulu les choper, elle s’est piquée et elle a gonflé. Rien de plus ! »

            Après une semaine d’insurmontables efforts, de batailles navales et de parties d’échec, ils parvinrent enfin à regagner le Japon.

            « Sus moussaillons ! Poète ! Un sonnet pour notre victoire !

            - Le réveil par trois fois sonna et ce rêve à jamais brisa… »

 

            Oizo ouvrit les yeux et se leva. La fenêtre du balcon était ouverte et l’appartement était vide. La fillette s’avança à l’extérieur et scruta l’horizon. Quelque chose manquait.

            « On a dû couper un arbre dans la nuit… »

 

 

 

 

 

Gwenaëlle HENRY, Les contes de Oizo

Par Gomel - Publié dans : Récits courts
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Mercredi 22 août 2007

            Des milliers d’enfants venants de l’Europe entière marchaient le long de dunes de sable. Ils voulaient récupérer la ville sainte que les adultes étaient incapables de reprendre des mains des impures, Jérusalem. Toutes les vingt minutes, un enfant tombait, fatigué, assoifé, affamé. Cette fois-ci, c’était une petite fille. Elle tenait entre ses mains un ourson noir et avait autour de son cou un pendentif ouvert dans lequel était collée la photo de ses parents.

            La troupe en croisade s’arrêtait peu de temps dans les villes où elle passait, pillant, volant et tuant. Ces enfants du mal partis libérer la sainte ville au nom de Dieu semaient le diable là où ils passaient. Personne ne tentait de les arrêter, ils étaient là pour une juste cause. Ils étaient synonymes de terreur et homonymes de bonheur.

            Le pèlerinage dura plusieurs semaines avant que les croisés se trouvent bloqués par la mer. Ils avaient pensé que, comme pour Moïse, la mer s’ouvrirait en deux pour laisser passer les saints messagers de Dieu. Mais il ne le fut pas. Les enfants attendirent nuit et jour un signe de leur Seigneur mais il ne se passait rien.

            Puis un jour des marins proposèrent aux enfants de leur faire traverser la mer sur leur bateau. Les croisés virent cela comme un signe de la Providence et acceptèrent l’offre le cœur plein d’espoir. Mais le bateau avait un tout autre cap. Un drapeau noir avait été hissé. Les enfants furent enfermés au fond du navire et vendus aux quatre coins du monde.

            La croisade de ces petits se transforma en un trafic meurtrier, brisant des enfants à la fleur de l’âge.

 

Moralité : Enfant crédule et naïf tu ne peux surpasser ton aîné si tu ne connais pas déjà le monde. 



P.S : Je n'ai rien contre la religion et ceci n'en est pas une critique. Désolée si je heurte quelqu'un à cause de ce texte.

Par Gomel - Publié dans : Récits courts
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